PubGazetteHaiti202005

Pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle durablement, des acteurs politiques proposent une voie à suivre

Mathias Pierre, Thomas Jacques, Pierre-Raymond Dumas

Dans un document titré « pour sortir durablement de la crise multidimensionnelle haïtienne », publié le 03 octobre 2022, une vingtaine d’acteurs politiques ayant servi l’État, dont des anciens collaborateurs de Jovenel Moïse, tels que Mathias Pierre, ministre délégué chargé des questions électorales et des relations avec les partis politiques, Wilson Laleau, ex directeur de cabinet de Jovenel Moise ont proposé des pistes de solution pour résoudre la crise qui s’enlise de plus en plus dans le pays.

 

Dans ce document d’une dizaine de pages, les signataires soulignent qu’à l’instar de 1986, « comme à chaque changement de gouvernement depuis deux siècles, le pays, depuis 2021 et l’assassinat du président Jovenel Moise, retrouve sa dynamique habituelle faite de crimes crapuleux, de prise de contrôle du territoire par des gangs armés, de destruction institutionnelle, de décapitalisation économique et sociale accélérée et d’appauvrissement massif des populations ».

Alors que des propositions diverses sont avancées pour sortir le pays de la crise, les signataires du dit document estiment que deux courants d’idées émergent des stratégies préconisées par les différents protagonistes impliqués dans la « recherche de solution » pour combler le vide de pouvoir et remettre le pays sur les rails.

« Selon le premier courant, il suffit de mettre en place rapidement les structures appropriées en vue de faciliter l’organisation des élections générales dans le plus bref délai. Les tenants de cette position estiment qu’une fois le processus lancé, on s’accommodera des conditions et des espaces que voudront bien laisser les bandes armées pour mener campagne et s’exprimer […] Le discours du Premier Ministre du 11 Septembre 2022, quatorze mois après sa prise de fonction voudrait s’inscrire dans cette logique. Le deuxième courant est plus ambitieux. Il préconise que des « gens compétents » prennent le contrôle de l’appareil d’État sur un temps plus long (2 ou 3 ans) pour le mettre en état de fonctionnement, rétablir la sécurité, modifier la constitution, créer les conditions pour la mise en fonctionnement des trois pouvoirs de l’Etat (Parlement, Justice, Exécutif) et organiser les élections générales » , explique-t-ils tout en prenant le soin de souligner que ces deux propositions sont trompeuses, parce qu'« elles souffrent l’une et l’autre des mêmes faiblesses. Elles considèrent le problème des gangs comme une simple affaire de délinquance dans les quartiers pauvres (donc de simple police) et nie leur codépendance et leur articulation avec les milieux politiques et économiques ».

Face à cette situation, les signataires du document proposent la mise en place d’un « pacte de vigilance et de sauvegarde de la nation Haïtienne ».

Ce pacte décliné en 5 composant et initié par les anciens hauts dignitaires de l’Etat, explique-t-ils, « constitue en réalité un ensemble d’engagements que les différentes composantes de la société prennent les uns envers les autres pour permettre l’avènement d’une nouvelle ère qui rend possible les progrès économique, social et humain en Haïti »

Dans son premier composant, ce pacte engage l’ensemble des anciens présidents de la république et des premiers ministres à tout faire pour calmer les tensions au sein de leurs groupes de supporteurs par des discours et actions diverses.

Deuxièmement, ils proposent un Pacte de civilité qui sera signé par tous les aspirants candidats à l’élection présidentielle. Ainsi, ils reconnaitront que la violence au cours des élections pour forcer les résultats dans un sens contraire aux desideratas du peuple constitue un crime.

En troisième position, ils plaident en faveur un pacte de Responsabilité Sociale des entreprises qui sera signé par tous les membres des chambres de commerce nationales ainsi que ceux du Forum du Secteur Privé et les autres associations patronales qui partagent cette ambition du renouveau national. Par ce pacte, ils s’engagent à aider l’Etat à combattre la corruption, la contrebande et le blanchiment d’argent, à payer régulièrement leurs impôts, et à avoir une attitude plus positive et plus propice à l’investissement et à la concurrence, ce qui sera rendu possible par le nouveau cadre institutionnel qui découlera de ces pactes.

Ensuite ils appellent à ce que soit mis en page un pacte d’engagement citoyen que les citoyens haïtiens appuieront en signant un registre qui sera rendu disponible partout dans les mairies de la république, dans les consulats haïtiens à l’étranger et en ligne pour réclamer l’institutionnalisation et la pacification des mœurs politiques dans le pays et prendre acte de la volonté des principaux acteurs politiques qui s’engagent à travailler dans ce sens.

Et finalement les signataires proposent un pacte pour le Développement Economique et Social qui mobilisera l’ensemble des secteurs organisés de la société et tiendra compte de tous les travaux déjà effectués au sein de l’administration depuis les 10 dernières années. Les grandes lignes de ce plan constitueront les lignes de base des programmes des candidats et des partis politiques qui voudront briguer la magistrature suprême de l’Etat.

Ce document porte entre autres la signature de Jean-Michel AUGUSTE, Jocelyn JEAN, Thomas JACQUES, Edwine BLAISE, William PIERRE, Louis-Naud PIERRE, Mathias PIERRE, Ricot PIERRE-LOUIS, Jean-Claude VERDIER, Pierre-Raymond DUMAS, Antoine FLEURANT, Marie-France A. LALEAU, Donald JOSEPH, Myriam FETHIERE, Bentley DOUCEUR, John Kelly CENAT, Pascal Jerry ALEXANDRE, Carlo MARCELIN et Wilson LALEAU.

 

 

Kervens Adam PAUL

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