PubGazetteHaiti202005

Crise haïtienne : seuls les Haïtiens ont la clé pour « débloquer » des solutions durables, réaffirme le BINUH

@BINUH

Lors d’une session du conseil de sécurité de l'ONU réalisée ce jeudi 16 juin 2022 sur le BINUH, la représentante spéciale Helen La Lime faisant une mise à jour sur la situation a présenté un diagnostic cru de la situation socio-politique en Haïti. Croyant que seuls les Haïtiens ont la clé pour « débloquer » des solutions durables à la crise prolongée du pays, Helen La Lime  juge « improbable » la réalisation des élections cette année.

 

Helen La Lime, lors de cette session du conseil de sécurité sur le bureau intégré des Nations Unies en Haïti se voulait franche et réaliste. Sans langue de bois ni de réserve, la diplomate a présenté un diagnostic cru de la situation socio-politique d’Haïti ponctuée par une « détérioration rapide » de la situation sécuritaire et un blocage dans les discussions sur les futurs arrangements de gouvernance du pays.

 

La diplomate n’a pas manqué d’exposer au conseil de sécurité de l’ONU les chiffres relatifs aux cas d'enlèvements et homicides qui ont augmenté respectivement de 36 et 17 % par rapport aux cinq derniers mois de 2021. Elle estime que ces faits surviennent en Haïti en raison de « l'apparente incapacité » de la PNH, prenant l’incursion des bandits armés au palais de justice pour justifier son point de vue.

 

Manque de ressources humaines, matérielles et financières, sont entre autres, les éléments qui limitent les capacités opérationnelles et logistiques de l’institution policière, selon Mme Lalime qui appelle les États membres de l’ONU à fournir un plus grand soutien et à contribuer au fonds commun nouvellement créé, géré par le PNUD, destiné à soutenir la PNH.

 

« Seuls les Haïtiens détiennent la clé »

 

A côté de l’insécurité grandissante, du dysfonctionnement de la majorité des institutions régaliennes, le BINUH rapporte que « les multiples initiatives et propositions visant à favoriser une vision commune parmi les parties prenantes nationales quant à la manière dont Haïti peut aller de l'avant ont donné peu de résultats concrets ».

 

Le Bureau se vante d’avoir fait œuvre qui vaille pour relancer les contacts entre les partis à travers une série de rassemblements « informels ». Il prend pour preuve, la formation d’un « comité tripartite » dirigé par la société civile pour élargir le consensus entre diverses plateformes politiques, y compris le gouvernement, afin de tracer une voie commune.

 

« Parallèlement, le Premier ministre Henry a eu des entretiens directs avec les dirigeants du Montana Group, qui a proposé de nouvelles modalités pour relancer les négociations formelles », ajoute la diplomate qui juge « improbable » que des élections aient lieu cette année compte tenu de la situation socio-politique.

 

S’agissant de l’assassinat de Jovenel Moise, Helen La Lime déplore que l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moise soit rattrapée par les différents problèmes qui affectent le système judiciaire haïtien. « Des efforts résolus sont nécessaires non seulement pour permettre aux tribunaux de traiter et de juger une myriade d'affaires pendantes, mais aussi pour que les niveaux de détention préventive prolongée soient durablement réduits », croit-elle.

 

Au regard de tout ce qui dessine, la cheffe du BINUH croit « essentiel » qu'Haïti reste au premier plan de l'agenda de la communauté internationale et que les autorités nationales reçoivent l'assistance dont elles ont besoin pour relever « ces défis interdépendants ». « Néanmoins, seuls les Haïtiens détiennent la clé pour débloquer des solutions durables à la crise prolongée du pays », estime Mme La Lime.

 

Par : Daniel Zéphyr

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