Les émissaires américains ont rencontré ce jeudi les différents acteurs impliqués dans la crise politique haïtienne. Lors des discussions avec la société civile, les représentants de partis politiques, le premier ministre Ariel Henry, le secrétaire adjoint aux affaires de l’hémisphère occidental Brian A. Nicholls aurait suggéré que l’accord pour une gouvernance apaisée et efficace et celui de Montana se fusionnent pour en faire un plus inclusif. Selon Brian À. Nichols, la présence des acteurs de la société civile et de la diaspora serait essentielle pour tout accord, selon ce que nous a rapporté l’ex Sénateur Evalière Beauplan qui défend au passage un nouveau deal entre les USA et Haïti.
Comme prévu, les émissaires américains Brian Nichols, secrétaire adjoint aux affaires de l’hémisphère occidental et Juan Gonzalez, directeur principal du Conseil de Sécurité Nationale ( NSC) se sont entretenus ce jeudi avec des acteurs politiques impliqués dans la crise et des membres de la société civile.

D’abord ce matin, ils ont rencontré les organisations et personnalités de la société civile. Citons: Magalie Comeau Denis de la « Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la Crise », Gédéon Jean de « Nap Mache Pou Lavi », Euvonie Auguste du secteur vodou, le pasteur Clément Beauvoir, Velina Charlier de « Nou Pap Dòmi » et Laurent St Cyr du secteur des affaires. Selon une source proche des discussions qui a duré une heure et 30 minutes, les Américains étaient venus plutôt écouter ce que les acteurs avaient à proposer pour sortir de la crise mais non pour en décider eux-même.
Les représentants des différents groupes ont défendu chacun leur position. Si Magalie Comeau Denis de l’Accord de Montana a vanté les vertus de la démarche de la société civile qui se veut inclusive prônant un gouvernement bicéphale, Me Gédéon Jean quant à lui a plaidé pour une mise en commun des différentes propositions d’accord en vue d’une solution qui soit plus inclusive possible.
Tout de suite après la rencontre, le secrétaire adjoint a tweeté ceci:
« J'ai apprécié l'opportunité d'écouter des représentants de la société civile, y compris le Groupe du Montana, pour mieux comprendre leurs désirs pour l'avenir d'Haïti.
Nous soutenons des solutions inclusives dirigées par des Haïtiens face aux défis haïtiens ».
Velina Charlier de Nou Pap Dòmi soutient l’accord Montana
« J'ai parlé des problèmes de corruption et d'impunité, du fait que l'État est à la merci des bandits, de l'insécurité qui rend notre pays invivable, du support que l'international donne aux gouvernements corrompus et du fait que cela doit cesser et de la nécessité d'une solution haïtienne à la crise », nous a confié la Petrochallenger Velina Charlier dans un entretien téléphonique, indiquant avoir discuté du support de « Nou Pap Dòmi » à l’accord Montana.
Elle affirme avoir fait savoir à la délégation américaine que « si la mafia reste au pouvoir, il n’y aura jamais de changement en Haìti ».
Les diplomates américains ont aussi rencontré le secteur politique
Les leaders politiques, André Michel du SDP, Manès Louis de Tèt Ansanm, Pasha Vorbe de Fanmi Lavalas, Lyné Baltazar ( PHTK), Rosemond Pradel et Edmonde Suplice Beauzile ( Fusion ), Joseph Lambert ( Sénat et PEN), Gislaine Mompremier ( Joveneliste), Evalière Beauplan ( MOLAH), Kelly C. Bastien, Marie Denise Claude, Youri Latortue, Jerry Tardieu, Evans Paul, Clarens Renois et Eric Jean Baptiste ( RDNP) ont rencontré les deux ambassadeurs américains pour discuter d’une issue heureuse à la crise. La plupart des acteurs présents auraient défendu l’idée d’un accord politique inclusif.
Cette information est confirmée par l’ancien sénateur Evalière Beaplan. Il a rapporté à Gazette Haïti que les leaders présents à la réunion ont majoritairement supporté cette démarche.
L’ambassadeur Brian A. Nicholls aurait même proposé que l’équipe de Montana et l’accord de Ariel se fusionnent pour en faire un plus inclusif, a par ailleurs confié l’ex parlementaire ayant pris une part active dans l’opposition contre le pouvoir de Jovenel Moïse.
Quant à André Michel du secteur démocratique, Manès Louis représentant de Tèt Ansanm et Edmonde Suplice Beauzile ( Fusion), ils ont fait un plaidoyer en faveur de l’ « accord pour une gouvernance apaisée et efficace » du premier ministre Ariel Henry.
Dans une note résumant la position du SDP, son porte-parole André Michel a déclaré et nous citons :
« L’avocat a donc plaidé pour la mise en application totale de l’accord qui suppose rapidement la formation du Gouvernement de Consensus, la mise en place du CEP, le rétablissement d’un climat de sécurité, la libération des prisonniers politiques, l’avancement des dossiers PETROCARIBE et des différents massacres d’état perpétrés dans les quartiers Populaires, la mise en place de la Constituante pour adresser la question constitutionnelle et l’organisation de bonnes élections suivant le calendrier qui sera fixé par le nouveau CEP. L’avocat a insisté sur le fait qu’il n’existe aujourd’hui aucune provision constitutionnelle pour la mise en place d’un Gouvernement en Haïti, et ce, quelle que soit la forme du Gouvernement; Que ça soit bicéphale, monosépale ou Tricéphale. C’est un vrai faux débat. Seul l’accord politique est fondamental dans le contexte actuel. D’où la vertu de l’accord du 11 Septembre 2021, paraphé entre le Secteur Démocratique et Populaire, des groupes populaires et de la société, d’autres organisations politiques et le PM Ariel Henry. Cet accord, même s’il n’est pas parfait, pourra servir à traverser cette période intérimaire et conduire le pays vers la normalité Constitutionnelle et institutionnelle. Il faut aller de l’avant. Il ne faut pas revenir en arrière. Évidemment, le dialogue étant permanent, les autres amis pourront toujours rejoindre l’accord du 11 Septembre 2021 ».
En fin de soirée, les émissaires américains ont rencontré le premier ministre Ariel Henry et son ministre des affaires étrangères Claude Joseph séparément.
« J’ai eu une fructueuse rencontre avec les membres de la délégation américaine où nous avons discuté de la situation générale du pays, de l’Accord politique, de la sécurité, du retour à l’ordre constitutionnel et du dialogue inter haïtien. Personne ne sera exclu du processus », a tweeté le premier ministre Ariel Henry immédiatement après la réunion.
Avant de partir, les deux ambassadeurs américains donneront une conférence de presse à l’ambassade américaine sur leur mission en Haïti.
Par Gazette Haïti
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