PubGazetteHaiti202005

Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy condamné à un an de prison ferme

Ex président Nicolas Sarkozy au Tribunal

Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu ce jeudi l'ancien président de la République coupable de financement illégal de campagne électorale. Sa peine sera aménageable en détention à domicile sous surveillance électronique. Il va faire appel.

La série continue, après Bismuth, Bygmalion. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce jeudi Nicolas Sarkozy à une peine d'un an de prison ferme pour financement illégal de campagne électorale dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Il y a sept mois, Nicolas Sarkozy était le premier ancien président de la Ve République à être condamné à une peine de prison ferm e (dont trois ans avec sursis) pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire « des écoutes » dites « Bismuth ». Il fait appel de ces deux jugements.

A chaque fois la personnalité d'ancien président de la République de Nicolas Sarkozy a pesé lourd dans la balance. Dans sa décision méticuleuse, la présidente Caroline Viguier souligne « la gravité exceptionnelle des faits ». Elle note ainsi que l'ancien président de la République avait « manifestement tiré parti » du dépassement vertigineux des dépenses de campagne électorale estimé par le tribunal à 20,208 millions d'euros, pour des dépenses totales de 42,7 millions d'euros, plus du double des dépenses autorisées par la loi.

Alors qu'il « avait connaissance de la règle de droit » et « avait été averti par écrit » des risques mais il avait continué néanmoins « les meetings et les dépenses nouvelles ». « Ce n'était pas sa première campagne, il avait une expérience de candidat, une connaissance du droit », a insisté la présidente Caroline Viguier. La peine infligée est supérieure aux réquisitions du parquet qui avait demandé un an de prison, dont six mois avec sursis. Mais l'ex-chef de l'Etat n'ira pas en prison : sa peine sera aménageable en détention à domicile sous surveillance électronique.

Campagne en or massif

A partir du 18e meeting, estime le tribunal, soit celui de la Porte de Versailles du 31 mars 2012, chaque meeting supplémentaire « représentait une infraction ». Nicolas Sarkozy, qui n'était pas présent lors du délibéré, avait lui tout nié en bloc. « Une fable ! », s'était-il emporté à la barre. « Elle est où la campagne qui s'emballe ? Elle est où la campagne en or massif ? », avait-il aussi scandé, prenant tout le monde à partie. Mais insiste Caroline Viguier dans le jugement l'ancien président de la République

Seul lui était reproché le délit de dépassement des comptes de campagne. Contrairement à ses 13 coprévenus - anciens cadres de la campagne et de l'UMP (devenue LR) et de la société Bygmalion qui a organisé les meetings, experts-comptables - Nicolas Sarkozy n'était pas mis en cause pour le système de double facturation imaginé pour masquer l'explosion des dépenses de campagne autorisées en les attribuant à l'UMP.


Les autres prévenus ont tous été reconnus coupables de complicité de « financement illégal de campagne », et d'avoir pris part, à divers degrés, à la mise en place de la fraude. « Ils ont fabriqué de faux documents », « validé des fausses factures » ou « participé à l'élaboration d'un compte de campagne falsifié », a déclaré le tribunal.

Complicité d'escroquerie

Le tribunal note que « tous ont participé à l'escroquerie par le biais de réunions hebdomadaires au cours desquelles était validé un ensemble de documents permettant non seulement de mesurer l'augmentation des dépenses mais aussi de les ventiler au mieux », et ainsi selon le raisonnement des juges « de mettre en place à partir de mars 2012 le processus frauduleux et de le valider collectivement ».

Parmi les autres prévenus, son ancien directeur de campagne, Guillaume Lambert, a été condamné à trois ans et six mois de prison, dont deux ans avec sursis, pour escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale. Pour les mêmes charges, Philippe Briand, ex-président de l'association de financement de la campagne, a écopé de deux ans de prison dont un an avec sursis.

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de 2012, a pour sa part été reconnu coupable d'abus de confiance, de complicité d'escroquerie et de financement illégal de campagne électorale et condamné à trois ans de prison dont un an avec sursis. Il a aussi écopé d'une peine d'inéligibilité de trois ans. Il a annoncé son intention de faire appel. « Je suis fatigué de tous ça », a-t-il dit en sortant de l'audience.

La condamnation de l'ex-président a suscité de nombreuses réactions à droite. Les deux candidats à la présidentielle de 2022 Valérie Pécresse et Xavier Bertrand lui ont exprimé leur « amitié » et le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau regretté la « sévérité aussi inhabituelle qu'exorbitante » du jugement.


 

 

 

Par Gazette Haïti avec Les Echos 

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