PubGazetteHaiti202005

Haïti/Élections : l’OEA met en garde contre la participation de personnes liées aux organisations criminelles

Albert Ramdin, sec gén de l'OEA

Lors d’une conférence virtuelle tenue le vendredi 11 septembre 2026 avec plusieurs médias, notamment de la Caraïbe, le secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Albert R. Ramdin, a mis en garde contre la participation aux prochaines élections en Haïti de personnes liées à des organisations criminelles. Il a également évoqué l’existence d’une « certaine collusion » entre des acteurs politiques et des groupes armés, estimant que de tels liens pourraient compromettre la crédibilité du processus électoral.

 

« Toute personne ayant des liens avec des organisations criminelles ne devrait pas être autorisée à participer aux élections [haïtiennes] », a déclaré le secrétaire général de l’OEA, cité par l’agence de presse EFE.

Albert R. Ramdin a toutefois précisé que ses propos ne visaient pas l’ensemble de la classe politique haïtienne, mais « certains » acteurs entretenant des liens avec des gangs, une situation qu’il juge préoccupante.

Selon le secrétaire général de l’OEA, il appartient aux autorités haïtiennes de mettre en place les mécanismes nécessaires pour déterminer l’éligibilité des candidats et s’assurer du respect des critères établis par la législation électorale.

« La méthode de vérification et de contrôle relève de la responsabilité des autorités haïtiennes », a-t-il indiqué, soulignant qu’il leur revient de déterminer « qui sera éligible et qui ne le sera pas ».

L’OEA souhaite ainsi que les candidats appelés à participer aux prochaines élections soient « intègres et répondent à toutes les exigences d’un bon candidat ». Pour Albert R. Ramdin, la présence éventuelle dans la compétition électorale de personnes entretenant des rapports avec des organisations criminelles risquerait de fragiliser davantage la confiance dans le processus.

Le secrétaire général de l’OEA a également appelé les autorités haïtiennes à accélérer les préparatifs électoraux. Il a notamment insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts visant à encourager l’inscription des électeurs.

« Il est nécessaire de mener beaucoup plus de campagnes médiatiques pour encourager l’inscription des électeurs. Sinon, des doutes surgiront, tant au sein de la classe politique haïtienne qu’à l’international, quant à la crédibilité de ces élections », a-t-il insisté.

Albert R. Ramdin a néanmoins reconnu l’ampleur des difficultés auxquelles sont confrontées les autorités haïtiennes pour organiser des élections après plusieurs années sans scrutin national, dans un contexte où d’importantes portions du territoire demeurent affectées par l’activité des groupes armés.

« La situation est extrêmement difficile », a déploré le secrétaire général de l’OEA, appelant à « soutenir les Haïtiens restés en Haïti, mais aussi ceux qui quittent le pays ».

Interrogé sur la fin du Statut de Protection Temporaire (TPS) accordé aux États-Unis à des centaines de milliers de ressortissants haïtiens, Albert R. Ramdin a reconnu qu’un État demeure souverain dans la définition et l’application de sa politique migratoire.

Il a toutefois plaidé pour que les éventuels retours s’effectuent dans le respect des droits et de la dignité des personnes concernées, ainsi qu’en concertation avec le pays appelé à les accueillir, afin de garantir une procédure mieux encadrée.

Le secrétaire général de l’OEA s’était rendu en Haïti le 16 août dernier dans le cadre de discussions portant notamment sur la sécurité, les élections, le renforcement des institutions et la situation humanitaire. Au cours de cette visite, il s’était notamment entretenu avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Selon le calendrier électoral annoncé, le premier tour des élections présidentielles et législatives est prévu le 13 décembre 2026, tandis que le second tour est programmé pour le 21 février 2027.

Cette mise en garde intervient alors que plusieurs personnalités politiques haïtiennes ont fait l’objet, ces dernières années, de sanctions internationales en raison d’accusations de liens ou de soutien à des groupes armés. Parmi les personnes sanctionnées figurent notamment d’anciens parlementaires, d’anciens Premiers ministres et un ancien chef d’État.

Par ailleurs, en mai 2025, les États-Unis ont désigné comme organisations terroristes étrangères deux importantes coalitions de gangs opérant en Haïti. Cette décision a renforcé la dimension internationale de la lutte contre les réseaux criminels et leurs éventuels soutiens.

 

 

 

Daniella Saint-Louis, avec EFE

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