La Force de Répression des Gangs (FRG) a annoncé, ce mardi 1er septembre 2026, le lancement d’une nouvelle phase de son déploiement dans le centre-ville de Port-au-Prince. Cette opération vise à réduire progressivement l’emprise des groupes armés de la coalition « Viv Ansanm » sur plusieurs secteurs de la capitale.
L’annonce a été faite le même jour à travers une vidéo publiée sur le compte officiel de la FRG sur le réseau social X. Les images montrent plusieurs véhicules blindés de la force circulant dans le bas de la ville, notamment dans les rues Monseigneur Guilloux et de la Réunion, ainsi que sur le boulevard Jean-Jacques Dessalines.
Ces secteurs, longtemps marqués par la présence et les activités des groupes armés, font désormais l’objet d’un déploiement accru des forces de sécurité.
Dans le cadre de cette nouvelle phase, des équipes de la FRG ont mené des patrouilles conjointes avec des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Cette première étape doit permettre aux membres de la force de mieux maîtriser le terrain, d’identifier les principaux axes et de se familiariser avec les secteurs où opèrent habituellement les unités spécialisées de la police haïtienne.
Selon la FRG, cette collaboration devrait progressivement ouvrir la voie à une prise en charge plus régulière des patrouilles par ses unités. Une telle évolution permettrait à la PNH de redéployer certains de ses effectifs vers d’autres zones où les besoins sécuritaires demeurent particulièrement importants.
Parmi celles-ci figure la commune de Kenscoff, théâtre d’une nouvelle offensive attribuée aux groupes armés au cours du week-end écoulé. L’attaque a fait au moins une quarantaine de morts, selon les informations disponibles, accentuant la pression sur les autorités pour renforcer le dispositif sécuritaire dans cette commune.
La reconquête territoriale, un préalable aux élections
Au-delà du renforcement de la présence sécuritaire dans la capitale, la reprise progressive des territoires contrôlés par les groupes armés constitue un enjeu majeur pour le rétablissement de l’autorité de l’État. La sécurisation des principaux axes et des quartiers encore sous l’emprise des gangs apparaît déterminante pour permettre le retour des services publics, la reprise des activités économiques et la libre circulation de la population.
Cette reconquête territoriale revêt également une dimension politique majeure, alors qu’Haïti se prépare à organiser des élections. La capacité des forces de sécurité à reprendre durablement le contrôle des zones occupées par les gangs et à garantir un environnement suffisamment sûr constituera ainsi l’un des principaux défis à relever pour permettre la tenue d’un scrutin crédible et accessible à la population.
Webertson DORVIL
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