L’Administration Fédérale de l’Aviation Américaine (FAA) a annoncé, ce mardi 1er septembre 2026, la prolongation de ses restrictions visant certaines opérations de l’aviation civile américaine dans le territoire et l’espace aérien d’Haïti. L’agence invoque les risques liés à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le pays.
La mesure a été communiquée à travers un NOTAM (Notice to Air Missions), un avis aéronautique destiné notamment aux pilotes, aux transporteurs aériens et aux exploitants d’aéronefs.
Ces restrictions figurent dans la rubrique de la FAA consacrée aux interdictions et mesures de sécurité applicables à l’aviation civile.
Selon le NOTAM, les personnes et opérateurs concernés ne sont pas autorisés à effectuer des opérations aériennes entre le sol et 9 999 pieds au-dessus du niveau moyen de la mer (MSL) dans certaines zones du territoire et de l’espace aérien haïtiens.
La restriction vise notamment des secteurs délimités autour de la latitude 18°20’00’’ N, entre la frontière haïtiano-dominicaine et d’autres points géographiques précisés dans le NOTAM, ainsi qu’un rayon de 15 milles nautiques autour du point O. La FAA justifie cette décision par les « risques pour la sécurité des vols » découlant de l’instabilité persistante en Haïti.
La mesure s’applique notamment aux transporteurs aériens et aux exploitants commerciaux américains, ainsi qu’aux personnes exerçant les privilèges d’un certificat d’aviateur délivré par la FAA. Certaines exceptions sont toutefois prévues, notamment pour des aéronefs immatriculés aux États-Unis exploités pour le compte de transporteurs aériens étrangers, conformément aux conditions définies dans le NOTAM.
La FAA prévoit également des possibilités de dérogation. Des opérations dans les zones concernées peuvent être autorisées lorsqu’elles sont menées avec l’accord d’une autre agence du gouvernement américain et l’approbation de la FAA, ou lorsqu’une dérogation, une exemption ou toute autre autorisation est accordée par l’administrateur de l’agence. Les exploitants concernés doivent alors prendre contact avec le centre des opérations de la FAA à Washington afin d’engager les démarches requises.
En dehors des zones spécifiquement visées par le NOTAM, les opérations aériennes dans le territoire et l’espace aérien d’Haïti ne nécessitent pas d’autorisation particulière de la FAA. Le document prévoit également une exception en cas d’urgence exigeant une décision immédiate afin de garantir la sécurité du vol.
Ces restrictions s’inscrivent dans un contexte de préoccupations persistantes de l’agence américaine concernant la sécurité de l’aviation civile en Haïti. Dans un document explicatif, la FAA évoque notamment des tirs d’armes légères ayant visé des aéronefs dans certaines régions du pays et estime que les capacités des forces de sécurité à prévenir de telles attaques demeurent limitées.
Une mesure qui continue de peser sur la desserte aérienne
La prolongation de ces restrictions constitue un nouveau signal préoccupant pour le secteur aérien haïtien. Elle intervient alors que l’insécurité continue de limiter les possibilités de desserte de plusieurs régions du pays.
Cette situation contribue notamment à concentrer une partie importante du trafic aérien régulier vers le Nord, où l’aéroport international du Cap-Haïtien demeure l’une des principales portes d’entrée aériennes opérationnelles du pays. La FAA souligne d’ailleurs que la présence des groupes armés demeure limitée dans certaines régions, notamment autour de l’aéroport international du Cap-Haïtien, et ne fait état d’aucun historique d’attaques visant l’aviation ou les infrastructures aéroportuaires dans ces zones.
Au-delà des enjeux directement liés à la sécurité des vols, la prolongation des restrictions américaines illustre ainsi les conséquences concrètes de la crise sécuritaire sur la connectivité aérienne d’Haïti. Tant que les conditions ne permettront pas de garantir un environnement suffisamment sûr pour les opérations aériennes, le pays restera confronté à une desserte fortement contrainte, tandis que le Nord continuera de jouer un rôle central dans les liaisons aériennes internationales accessibles depuis Haïti.
Par Webertson DORVIL
- Log in to post comments


