La Plaine du Cul-de-Sac, notamment la zone de La Sarthe, s’enfonce dans une grave crise humanitaire. Depuis le week-end, des tirs nourris et la présence d’hommes armés ont semé la panique, contraignant des centaines d’habitants à fuir leurs domicile dans la précipitation. Ainsi, le lundi 20 avril 2026, plusieurs familles ont trouvé refuge au poste de police de Carrefour Trois Mains, sans abri, prises au piège d’un exode silencieux marqué par la peur, la fatigue et l’incertitude.
Sur le terrain, une équipe du journal Gazette Haïti News a recueilli des témoignages qui traduisent l’ampleur du drame humain en cours. En effet, le récit d’une dame résume à lui seul le désarroi : « Mwen kite kay mwen, san m pa konn kibò mwen prale ». De plus, une autre femme, visiblement épuisée, confie être restée coincée sous un véhicule depuis samedi : « Mwen, depi samdi anba machin sa, mwen pa janm dòmi ». Elle explique ainsi avoir passé 2 jours sans fermer l’œil.
Par ailleurs, la majorité des déplacés provient des zones de Sarthe. Selon leurs témoignages, ces quartiers, déjà fragilisés depuis plus d’un an, se retrouvent aujourd’hui en première ligne d’une violence persistante. Dès lors, certaines ruelles, notamment celle de L’Amitié, se sont transformées en véritables pièges. Plusieurs familles y demeurent bloquées, incapables de quitter les lieux en raison des affrontements qui se poursuivent à proximité immédiate de leurs habitations.
En outre, la situation sécuritaire demeure particulièrement complexe pour les autorités. D’une part, les forces de l’ordre, stoppées à hauteur de La Couronne, n’ont pas réussi à pénétrer dans les zones les plus affectées. D’autre part, la dégradation des routes, aggravée par les récentes pluies, complique davantage les déplacements et retarde l’acheminement de toute assistance.
Face à cette spirale de violence, la population locale exprime une lassitude croissante. En effet, au-delà des promesses, les habitants réclament désormais des actions concrètes. Des résidents, certains portant des enfants dans les bras, d’autres transportant les rares biens qu’ils ont pu sauver, lancent un appel pressant aux autorités et aux organisations humanitaires. Ils exigent notamment une intervention rapide afin de sécuriser les zones touchées et de faciliter l’évacuation des personnes encore piégées.
Enfin, la circulation sur les principaux axes du secteur demeure fortement perturbée, ce qui entrave non seulement les déplacements, mais également l’accès aux soins pour les plus vulnérables. À l’heure actuelle, la situation reste extrêmement précaire et volatile. La menace des tirs persiste, maintenant sous tension les habitants qui n’ont pas pu quitter leurs quartiers.
Arnold Junior Pierre
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