PubGazetteHaiti202005

Le MPCE et le MICT lancent un master professionnel en aménagement du territoire pour renforcer la gouvernance et la planification spatiale

@Dieugo André

L’État haïtien franchit une étape majeure dans la professionnalisation de la planification territoriale. Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), en collaboration avec le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), a procédé ce mardi 31 mars 2026 au lancement officiel d’un programme de Master professionnel en aménagement du territoire, en partenariat avec l’Université de Technologie d’Haïti (UNITEC). Cette initiative, saluée par plusieurs acteurs institutionnels et académiques, vise à renforcer les compétences des cadres publics et à poser les bases d’une gouvernance territoriale plus cohérente et durable.

Dès l’ouverture de la cérémonie, le recteur de l’Université de Technologie d’Haïti (UNITEC), Dr Josselin Val, a insisté sur l’urgence d’apporter des réponses structurées aux défis liés au développement territorial. Il a expliqué que cette formation s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont Haïti organise, planifie et valorise son espace national. « Le développement durable du pays passe inévitablement par une meilleure maîtrise du territoire », a-t-il souligné, tout en saluant l’engagement des autorités publiques dans cette initiative.

Dans la même dynamique, les responsables institutionnels ont mis en lumière plusieurs défis majeurs auxquels le pays est confronté, notamment la forte concentration des activités dans les centres urbains, les déséquilibres régionaux persistants, la vulnérabilité aux catastrophes naturelles ainsi que la pression croissante sur les ressources. Ces enjeux, selon eux, révèlent l’insuffisance de politiques territoriales intégrées et l’absence d’outils de planification adaptés aux réalités du pays.

Intervenant à distance, la représentante des professeurs étrangers Dr Feirouz Megdiche a, pour sa part, mis l’accent sur la portée internationale de ce programme. Elle y voit une opportunité d’ouverture sur des pratiques et des expériences diversifiées, tout en répondant aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux contemporains. Elle a également rappelé que l’aménagement du territoire ne se limite pas à une approche technique, mais constitue une véritable politique publique visant à organiser de manière équilibrée les activités humaines et à préserver les écosystèmes.

De son côté, la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pedrica Saint Jean, a insisté sur la nécessité d’intégrer une approche inclusive dans la planification territoriale. Elle a rappelé que ce programme contribuera à former des professionnels capables de concevoir des politiques adaptées aux réalités locales, tout en tenant compte des besoins spécifiques des femmes. À travers ses structures déployées dans les dix départements du pays, son ministère entend jouer un rôle actif dans cette dynamique.

@Dieugo Andre

Au cœur des différentes interventions, un message commun s’est imposé avec force : le développement d’Haïti repose avant tout sur l’investissement dans le capital humain. Le représentant des étudiants, Jean Gardy Milford, a salué une initiative qu’il considère comme déterminante pour sa génération. Selon lui, ce programme met à disposition des outils concrets permettant de renforcer les compétences professionnelles et de contribuer activement au développement local. Il a également mis en avant le rôle essentiel de la recherche dans l’élaboration de solutions adaptées aux réalités des communautés.

La ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Sandra Paulémon, a, quant à elle, livré un discours marqué par une vision stratégique claire. Elle a rappelé que cette formation s’inscrit dans un processus plus large de modernisation de l’administration publique, déjà amorcé à travers des programmes en intelligence artificielle et en informatique.

« Aucun pays ne se transforme durablement sans investir dans ses ressources humaines », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de former des cadres compétents, capables de traduire les politiques publiques en actions concrètes.

Pour la ministre, l’aménagement du territoire représente un levier essentiel pour mieux répartir les investissements, encadrer l’urbanisation et protéger l’environnement. Elle a également lancé un appel fort aux bénéficiaires de cette première cohorte, qu’elle considère comme des pionniers appelés à porter une responsabilité historique.

« Le pays attend de vous rigueur, discipline et engagement », a-t-elle affirmé, tout en soulignant que la consolidation de l’État passe autant par le renforcement des institutions que par celui des femmes et des hommes qui les incarnent.

D’une durée de 2 ans, ce programme de maîtrise adoptera une formule hybride combinant cours en présentiel et à distance. Il réunira des cadres issus de plusieurs institutions publiques ainsi que des étudiants, avec l’appui d’enseignants haïtiens et internationaux.

À travers cette initiative, les autorités entendent non seulement combler un déficit de compétences, mais aussi jeter les bases d’une nouvelle culture de la planification en Haïti. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait contribuer à transformer durablement le paysage territorial du pays.

 

Arnold Junior Pierre

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