PubGazetteHaiti202005

Assises de suivi du dialogue politique interhaïtien : après trois jours de discussions, les acteurs optent pour un exécutif bicéphale

@Patrice Noel

Un Collège présidentiel à trois membres et un Premier ministre ont été proposés à l’issue des assises, à quatre jours de la date charnière du 7 février. Après 3 jours de discussions intenses à l’hôtel Montana, à l’initiative des conseillers-présidents Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles et marquées, lors de la quatrième journée, par la présence de Fritz Alphonse Jean, les acteurs politiques et sociaux engagés dans les assises de suivi du dialogue interhaïtien ont adopté une résolution définissant une nouvelle architecture du pouvoir exécutif.

Réunis du 1er au 3 février 2026, à l’initiative des conseillers-présidents, au terme de ces 3 journées d’assises, une majorité de participants, représentant neuf tables de discussion dans la salle, a opté pour une formule dite bicéphale de l’Exécutif. Cette structure prévoit deux pôles du pouvoir : un Collège présidentiel de trois membres et un Premier ministre chargé de diriger l’action gouvernementale. La résolution a été lue par l’ancien député des Cayes / Ile a Vache, Clovis Obas, qui a précisé la composition du futur Collège présidentiel, « Le Collège présidentiel sera composé d’un membre du Conseil présidentiel de transition, d’un membre de la Cour de cassation et d’un représentant de la société civile », a-t-il déclaré en présence 3 membres CPT

Contrairement à certains modèles évoqués lors des débats antérieurs, la résolution ne prévoit pas de présidence tournante. Le Collège présidentiel sera dirigé par un président, assisté de 2 conseillers. L’ancien président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Edgard Leblanc Fils, s’est dit satisfait de cette nouvelle formule. Pour plusieurs participants, le CPT, censé stabiliser la transition, a au contraire aggravé la paralysie de l’État. « Le CPT a totalement échoué », confient plusieurs acteurs du dialogue, estimant qu’une nouvelle architecture du pouvoir est désormais inévitable.


Si la résolution a été adoptée par une majorité, elle reste cependant inachevée. Aucun nom n’a encore été communiqué pour occuper les postes clés du futur exécutif. « La résolution a de l’avenir, parce que c’est une solution haïtienne. Mais la grande question, c’est le temps qu’il faudra pour la finaliser et choisir les personnes », a résumé ancien candidat à la présidence Jean Palerme Mathurin.

L’annonce de cette nouvelle formule intervient dans un climat de grande incertitude : à 3 jours du 7 février, date marquant la fin de la transition actuelle, le pays se retrouve face à plusieurs résolutions concurrentes. Lundi, une autre proposition portait la désignation du magistrat Jean Joseph Lebrun comme président de la transition, tandis qu’aujourd’hui, c’est un Collège présidentiel à trois têtes qui est mis sur la table. Cette multiplicité d’options alimente la confusion au sein de l’opinion publique, déjà éprouvée par l’insécurité, l’effondrement des services publics et la crise de légitimité des institutions.

À l’approche du 7 février, alors que des acteurs multiplient les propositions pour assurer la transition, le gouvernement américain affiche clairement sa position en réaffirmant son appui au gouvernement actuel. 
« Alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition prend fin le 7 février, nous soutenons le leadership du Premier ministre Fils-Aimé dans la construction d’une Haïti forte, prospère et libre », écrit l’ambassade des États Unis en Haïti. Un message limpide qui fait suite depuis hier mardi à la présence de navires américains dans la baie de Port-au -Prince.


Arnold Junior Pierre

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