Le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) a lancé, ce jeudi 22 mai, un projet pilote de stages professionnels. Une soixantaine de jeunes, fraîchement diplômés d’universités et de centres de formation, ont été sélectionnés pour intégrer prochainement des institutions publiques et privées à travers le pays.
La transition entre la formation et le marché du travail représente souvent un mur difficile à franchir pour les jeunes en Haïti.
« Nou konprann reyalite jèn yo. Nou konnen li difisil pou jwenn travay san eksperyans. Nou vle chanje sa », a déclaré Guy Orel André, responsable des ressources humaines du MAST, en présentant l’initiative. Par ces mots, il a reconnu une vérité largement partagée par les jeunes du pays : sans expérience, il est presque impossible de décrocher un emploi, mais sans emploi, impossible d’acquérir de l’expérience.
De son côté, Ronald Bazile, directeur de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), a rappelé le fondement juridique de cette démarche. « L’article 19 de la Constitution amendée de 1987 engage l’État à garantir les droits sociaux, économiques et culturels. L’article 22, quant à lui, insiste sur le droit au travail. Ce que fait le MAST aujourd’hui, c’est concrétiser ces droits. »
Ce projet, en effet, s’inscrit dans une volonté politique de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes, non pas comme une faveur, mais comme un droit fondamental.
Pour Moïse Jules, représentant du MAST, le rôle du ministère ne se limite pas à réguler le monde du travail. « Il faut aussi créer des passerelles vers l’emploi, donner aux jeunes la chance de faire leurs preuves », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de valoriser les compétences et les talents souvent sous-exploités.
Dans cette dynamique, plusieurs institutions partenaires ont exprimé leur soutien. Joseph Antoine, directeur pédagogique de la Moderne School, a mis en lumière l’importance de la mise en pratique des acquis : « Le stage est la continuité logique de l’apprentissage. Ce projet permet à nos jeunes de passer de la théorie à l’action. »
Par ailleurs, Vikerson Garnier, directeur de l’OFATMA, s’est dit prêt à accueillir des stagiaires : « L’OFATMA est ouverte. Nous croyons dans le potentiel de la jeunesse haïtienne. » Un engagement concret, qui témoigne d’un changement d’approche dans la gestion du capital humain.
Enfin, Georges Wilbert Franck, le ministre des Affaires Sociales et du Travail, a clôturé la cérémonie avec un appel vibrant à la mobilisation collective : « Ce n’est pas une faveur que nous faisons à ces jeunes. C’est un devoir. Le développement d’Haïti passe par leur implication active dans le tissu économique.»
Dans un contexte marqué par la crise économique, politique et sécuritaire, cette initiative prend une dimension symbolique forte. Elle incarne une volonté de faire bouger les lignes, de redonner confiance et de construire des perspectives nouvelles.
Ce programme pilote, selon les responsables, pourrait être renouvelé tous les trois mois afin de toucher un plus grand nombre de jeunes. D’ici là, ceux qui ont été sélectionnés se préparent à franchir une étape décisive : leur première immersion dans le monde professionnel.
Déterminés, ces jeunes veulent prouver que leur jeunesse n’est pas un fardeau, mais une richesse précieuse pour bâtir l’avenir du pays. Grâce à ce projet, un nouveau chapitre s’ouvre. Et cette fois, c’est avec les jeunes qu’il s’écrit.
Arnold Junior Pierre
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