Dans le quartier défavorisé de Bel-Air, dans la commune du Cap-Haïtien, une école publique vit un calvaire silencieux. Jusqu’à ce qu’une vidéo partagée sur les réseaux sociaux vienne rompre ce silence. Des enfants assis à même le sol, un bâtiment vétuste, des conditions d’apprentissage inhumaines. Touchée par ces images, la directrice du FNE, Sterline Civil, a effectué une visite surprise le samedi 17 mai. Ce déplacement marque, selon elle, le début d’une intervention urgente pour redonner à l’établissement un minimum de dignité.
Au Cap-Haïtien, l'Ecole nationale mixte de Bel-Air, rongée par l’abandon, a vu sa situation exploser au grand jour lorsqu’une vidéo virale a exposé la détresse de ses élèves et de son personnel.
La directrice générale du Fonds national de l’éducation (FNE), Sterline Civil, n’a pas tardé à réagir. « Dès que j’ai vu la vidéo, je n’ai pas pu rester indifférente. J’ai décidé de me rendre sur place moi-même », a-t-elle confié avec émotion devant des journalistes locaux.
Sur le terrain, la réalité dépasse les images. Les enfants suivent les cours à même le sol, privés de bancs. Les plafonds menacent de céder, les murs sont décrépis, l’école ressemble plus à un hangar qu’à un lieu d’apprentissage. « Je suis bouleversée. Aucun enfant ne devrait apprendre dans ces conditions. C’est inacceptable », a martelé Mme Civil.
Sa visite n’était pas seulement symbolique. Elle a promis des mesures rapides dès son retour à Port-au-Prince. « Le directeur de l’école fait ce qu’il peut, mais il ne peut pas tout. Le FNE va agir immédiatement », a-t-elle assuré, la voix empreinte de détermination.
Pour Valéry Marilus, directeur de l’établissement, cette visite est une bénédiction. « J’ai longtemps essayé d’alerter les autorités. Mais je me sentais seul, impuissant. Aujourd’hui, c’est comme si un miracle venait d’arriver », a-t-il déclaré, visiblement soulagé.
Selon lui, l’école tente de remonter la pente depuis sa prise de fonction. Il admet le manque criant de mobilier et les conditions précaires, notamment en période de pluie. Toutefois, il nuance : « Certains éléments de la vidéo ont été exagérés. Mais c’est vrai, la situation reste critique. »
La visite de la cheffe du FNE n’a pas seulement soulagé le personnel éducatif. Les parents et les habitants du quartier y voient un signe d’espoir. « C’est une délivrance. On pensait que personne ne viendrait jamais », confie un père de famille, les larmes aux yeux.
Dans un pays où l’école publique est souvent reléguée au second plan, cette démarche officielle sonne comme un électrochoc. « Pour une fois, on se sent entendus. C’est un début, mais un début important », estime un enseignant de l’établissement.
Si l’émotion est forte, la vigilance l’est tout autant. Beaucoup espèrent que cette visite ne sera pas qu’un geste ponctuel. Mme Civil, consciente de cet enjeu, s’est engagée à ne pas laisser la situation sans réponse. « Nous allons dresser un rapport dès notre retour. Des fonds seront débloqués pour la réhabilitation. Et nous reviendrons », a-t-elle assuré.
Le FNE, souvent critiqué pour sa lenteur, joue ici sa crédibilité. Cette intervention pourrait bien devenir un cas d’école : celui d’un État qui choisit enfin de voir, d’écouter et d’agir.
« L’éducation est la colonne vertébrale d’un pays. Si nous ne garantissons pas un minimum de dignité à nos enfants, nous compromettons tout l’avenir de la nation », a déclaré Mme Civil, le regard droit.
En attendant, l’École nationale mixte de Bel-Air reste debout, grâce au courage de ses enseignants et à la résilience de ses élèves. Mais elle n’a plus à crier seule. Elle a été entendue. Reste maintenant à transformer cette écoute en action durable.
Par Arnold junior Pierre
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