PubGazetteHaiti202005

À Port-au-Prince : 63 institutions de formation des enseignants et professionnels fermées, avertit l’UPEPH

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Dans un rapport bouleversant publié au début du mois de mai 2025, l’Union des Parents d’Élèves Progressistes Haïtiens (UPEPH) tire la sonnette d’alarme sur une crise éducative d’une ampleur inédite. Entre février et avril 2025, pas moins de 63 institutions chargées de former les enseignants et les professionnels — piliers de toute société — ont cessé de fonctionner dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Cette réalité ne se limite pas à de simples chiffres : elle incarne le désespoir de milliers de jeunes privés d’un avenir, de parents inquiets pour l’éducation de leurs enfants, et d’un pays qui voit se fissurer l’un de ses fondements les plus essentiels : l’école.

Le rapport de l’UPEPH pointe du doigt une réalité douloureuse : 29 Écoles Normales d’Instituteurs (ENI) ont dû fermer leurs portes. Ces établissements, qui ont pendant des années formé des enseignants dévoués aux quatre coins du pays, sont aujourd’hui à l’arrêt, étouffés par l’insécurité grandissante. Parmi eux figurent l’École Normale des Jardinières d’Enfants de Bourdon, l’École Normale Pratique d’Haïti à la rue Capois, ou encore l’École Normale Jan Amos Komensky à Delmas 12. Leur fermeture n’est pas qu’un chiffre de plus dans un rapport : c’est l’écho d’amphithéâtres vides, de rêves interrompus, de vocations étouffées. Sans ces écoles, aucune relève ne se prépare pour assurer l’avenir de l’éducation en Haïti.

Le rapport poursuit en soulignant un autre coup dur pour les élèves d’Haïti : 34 centres de formation professionnelle ont suspendu leurs activités. Ces lieux, où de jeunes femmes et hommes venaient apprendre un métier, bâtir un avenir et contribuer à la reconstruction du pays, sont aujourd’hui réduits au silence. Le Centre de Formation Technique et Professionnelle Haïti TEC à Varreux, le Centre de Technologie Moderne d’Haïti (CETEMOH) sur le boulevard Harry Truman, parmi tant d’autres, ont dû fermer leurs portes. Cette fermeture ne signifie pas seulement l’arrêt de machines ou de salles de classe : elle traduit la mise en pause des espoirs, des ambitions et de l’élan de toute une jeunesse. Dans un pays en quête de stabilité et de progrès, perdre ces espaces de savoir-faire, c’est couper l’élan vital de son redressement.

La fermeture de ces établissements constitue une catastrophe pour le système éducatif haïtien. Elle prive le pays de la formation nécessaire pour ses enseignants et ses professionnels, aggravant ainsi la crise déjà présente dans le secteur. Cette paralysie touche particulièrement le département de l’Ouest, où l’année scolaire 2024-2025 est pratiquement paralysée, et où des milliers d’étudiants des écoles normales et des centres professionnels sont privés de leur droit à l’éducation.

Dans ce contexte désastreux, le rapport trace une histoire des plus alarmantes. Il est impératif que le gouvernement haïtien et le Conseil Présidentiel de Transition prennent des mesures immédiates pour rétablir la sécurité dans le pays et rouvrir ces établissements éducatifs. La réouverture des écoles normales et des centres de formation est une priorité absolue pour garantir que les futurs enseignants et professionnels puissent être formés.

Le rapport met également en exergue la fermeture de 69 institutions universitaires dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, révélant une autre dimension de cette crise. Cette paralysie du secteur éducatif a des conséquences profondes pour le pays, et le rapport préconise une action immédiate pour sauver l’éducation haïtienne. En effet, la crise éducative actuelle compromet gravement l’avenir des jeunes Haïtiens et, par conséquent, le développement de la nation elle-même.

Le rapport de l’UPEPH est un cri d’alarme sur l’état de l’éducation en Haïti. Il est plus que jamais nécessaire que les autorités prennent des mesures urgentes pour garantir le droit à l’éducation de tous les citoyens, en particulier des jeunes générations. Sans un retour rapide à la normalité dans le secteur éducatif, Haïti risque de sacrifier une génération entière, avec des conséquences irréversibles pour son développement social et économique.

La deuxième partie du rapport de l’UPEPH, qui s’étale sur trois pages, vient compléter les constats déjà accablants de la première partie. Celle-ci avait révélé la fermeture de 69 institutions universitaires dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Comme annoncé précédemment par notre rédaction, nous avons le devoir de porter à la connaissance du public la troisième partie de ce rapport, afin de continuer à documenter, avec rigueur et humanité, l’effondrement progressif du système éducatif haïtien dans ce contexte d’instabilité généralisée.

Arnold Junior Pierre

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