PubGazetteHaiti202005

69 institutions universitaires fermées à Port-au-Prince à cause de l’insécurité, selon l’UPEPH

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Dans une enquête réalisée entre février et avril 2025, l’Union des Parents d’Élèves Progressistes Haïtiens (UPEPH) alerte sur l’ampleur de la crise sécuritaire qui frappe l’enseignement supérieur dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Dans un rapport de 33 pages, la structure qui défend les parents élèves haïtiens dresse un tableau très alarmant : 69 institutions universitaires, publiques et privées, ont été contraintes de suspendre leurs activités en raison de la violence armée imposée par les gangs. Une situation dramatique qui compromet l’avenir de milliers d’étudiants haïtiens.

Dans les premières pages du rapport, l’UPEPH explique que plusieurs facultés de l’Université d’État d’Haïti (UEH) figurent parmi les premières victimes de cette crise sécuritaire. 12 entités de l’Université d’État d’Haïti (UEH), installées dans des zones fortement contrôlées par des groupes armés, ont cessé de fonctionner dans leurs locaux habituels. C’est notamment le cas de la Faculté d'ethnologie, de la Faculté de Médecine, de la Faculté des Sciences Humaines, ou encore de l’École Normale Supérieure (ENS), toutes situées au cœur de la capitale.

Toujours selon rapport, le constat est similaire pour d’autres établissements spécialisés tels que l’INAGHEI, l’ISERSS ou la Faculté de Linguistique Appliquée, situés dans des quartiers comme Monseigneur Guilloux, Oswald Durand ou l’avenue Christophe, Bois Verna et autres, ces zones étant devenues inaccessibles pour les étudiants et les enseignants.


l’UPEPH mentionne également 7 centres de formation technique affiliés à différents ministères qui ont dû fermer leurs portes. Le Centre de Formation pour Enseignants Fondamentaux (CFEF) à Martissant, le Centre Technique de Planification Économique Appliquée (CTPEA) et l’École Nationale des Arts (ENARTS) figurent parmi ces institutions en arrêt. Ces fermetures freinent non seulement la formation professionnelle, mais affaiblissent aussi les capacités des dirigeants du système éducatif haïtiens à préparer ses cadres de demain pour le pays.

La situation est tout aussi préoccupante dans le secteur privé. 50 universités, dont certaines parmi les plus fréquentées de la capitale, ont été contraintes de suspendre leurs activités. De l’Université de Port-au-Prince (UP) à l’Université Quisqueya (UNIQ), en passant par l’Université Notre-Dame, l’Université Lumière ou encore l’École Supérieure d’Infotronique d’Haïti (ESIH), la liste est longue et préoccupante.


Sans aucun appui financier d’organismes nationaux ou internationaux – ni de l’UNICEF, ni de l’UNESCO, ni même du Fonds National pour l’Éducation (FNE) – l’équipe de l’UPEPH affirme avoir mené une mission de terrain à haut risque. « Nos délégués ont bravé l’insécurité pour visiter plusieurs communes de la région métropolitaine, dont Port-au-Prince, Delmas, Carrefour-Feuilles, Gressier, Kenscoff ou encore Ganthier », précise UPEPH.

Le rapport, long de 33 pages et structuré en trois chapitres, n'est qu'une première étape : l’équipe rédactionnelle prévoit de revenir avec deux autres articles complémentaires qui viendront enrichir et éclairer davantage certains points encore laissés en suspens.

Arnold Junior Pierre

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