PubGazetteHaiti202005

Editorial:- Pour une transition réussie, gare au triomphalisme et aux excès de zèle 

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La transition est entrain de passer son premier grand test avec la formation du cabinet ministériel. Un moment qui exige de la mesure et de l’intelligence. Surtout de l’humilité. Les conseillers présidentiels et le premier ministre Garry Conille doivent faire en sorte qu'il n'y ait parmi eux ni perdant ni gagnant. Seul le peuple haïtien mérite cette fois-ci d’être le grand  gagnant. Le conseil présidentiel et le chef du gouvernement ont l’obligation de s'entendre pour une transition réussie car l'avenir de toute la population en proie à toutes sortes de violences en dépend. 
De ce fait, pas d'attitude triomphaliste, d'un côté comme de l'autre. Le terrain politique haïtien est miné. Donc, le consensus doit être toujours à la base des décisions


On peut toujours reprocher aux conseillers présidentiels d’avoir trop tergiversé dans leurs prises de décisions. Mais aujourd’hui ils ont compris la nécéssité de trouver un modus opérandi pour faire marcher les choses. 
Le décret portant création, fonctionnement et organisation du Conseil Présidentiel de transition a été publié et un premier ministre a été nommé « par consensus ». Nous devons les encourager à rester sur cette voie. 

Le nouveau premier ministre Garry Conille montre aussi des signes de sagesse et d’humilité. Ses deux interventions, l'une après l'arrêté le nommant premier ministre et l'autre après son intronisation donnent l’impression d’un chef du gouvernement disposé à travailler en concertation avec l’autre branche de l’exécutif même s’il reconnaît lors de la remise d’une ampliation de l’arrêté officialisant sa fonction qu’il est possible qu’ils ne s’entendent pas sur tout. De la parole, il sera jugé sur les actes posés. 

Les uns et les autres doivent mesurer leurs actions en cette période délétère. 
La formation du gouvernement demeure l'étape cruciale de la transition. L'idée de ne pas octroyer de ministères régaliens aux parties prenantes doit être bien dosée pour éviter tout malentendu qui pourrait tout  compromettre. Tout est dans l'art et la manière. La démarche du premier ministre lors de sa rencontre avec le CPT pour annoncer le profil de son gouvernement était correcte car l'accord du 3 avril et le décret portant création du Conseil Présidentiel lui garantit cet avantage. Des conseillers ont même témoigné et salué la démarche de Conille qui se serait comporté « en bon chef de gouvernement ».

Les nerfs sont devenus à fleur de peau quand  l’ex président du conseil d’administration de la banque nationale de crédits( BNC), Phillipe Vixamar présenté comme un proche du premier ministre s'est mis de la partie. L’économiste n’ayant jusqu’ici joué aucun rôle connu dans la résolution de la crise actuelle est venu subitement tout dérangé sinon ébranlé le processus en cours. Alors que Garry Conille a affiché jusqu’à présent une attitude mesurée dans ses prises de parole, Phillipe Vixamar, l’air de quelqu'un qui vient de faire une révolution ou gagner des élections s’est permis de dicter les règles du jeu de la transition. 

« Les ministères de la justice, de l'intérieur, des finances et des affaires sociales ne sont pas négociables », a-t-il lancé avec toute l'arrogance d'un homme crachant sur les efforts de toute une classe politique qui, en dépit de ses tares, a travaillé pour parvenir à cette transition. 

Garry Conille doit faire bien attention aux interventions de son entourage, qui ne sont pas de nature à ramener la confiance entre le  CPT et la primature. Il ferait mieux de prendre rapidement ses distances d’avec ces prises de position. 

Dans cette période fragile, le climat politique n’a pas besoin de ces discours irresponsables ou revanchards.

Pour réussir cette transition, il faut éviter les excès de zèle. Il est et sera nécessaire de faire preuve de sagesse et de modestie en toutes circonstances.

Le premier ministre Garry Conille, n'ayant aucune base politique et donnant l'impression d'être très conciliant dans ses approches, doit continuer à envoyer des signaux qui rassurent et non ceux qui divisent envoyés par des proches collaborateurs zélés. 

 

 

Par Gazette Haïti News

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