PubGazetteHaiti202005

« C’est notre faute si le Conseil de Sécurité adopte une telle résolution », croit Mirlande Manigat

Mirlande Manigat prés du HCT

Le Haut Conseil de la Transition, par l’entremise de sa présidente Mirlande Hyppolite Manigat a réagi suite au feu vert accordé par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour le déploiement d’une mission multinationale en Haïti. Manigat estime que « c’est notre faute si le Conseil de Sécurité adopte une telle résolution. »

Ce point de presse a été donné à l’issue d’un conseil des ministres qui s’est déroulé au palais national autour de la résolution adoptée par le conseil de sécurité de l’ONU pour le déploiement d’une mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti. Faisant la mise en contexte de la réunion, le Premier ministre Ariel Henry a passé le microphone à la présidente du HCT pour dire ce que le « conseil des ministres » pense.

Dans son intervention, Mirlande Hyppolite Manigat a consacré la majeure partie de son intervention pour expliquer la situation dans laquelle elle vit. A cause de  l’insécurité grandissante elle a dû fuir sa demeure. 

« En tant que citoyenne et actrice politique, je suis concernée par tout ce qui arrive à la population. Nous assistons à une dégringolade de la situation économique, politique et sociale du pays. Ils (bandits) encerclent la capitale. Il y a des endroits où vous ne pouvez plus vous y rendre. J’habite en plaine. Pendant 3 jours, je ne pouvais pas sortir. Les zones étaient barricadées. Quand finalement, j’ai pu sortir, j’étais étonnée de voir des membres de la population qui marchent sous un soleil de plomb, empruntant une route sans destination », raconte Mirlande Hyppolite Manigat.

 La présidente du Haut Conseil de la Transition a décrit un  tableau sombre de la situation socio-politique et sécuritaire du pays. La situation est gravissime, si l’on croit l’exposé de l’ancienne Sénatrice. « Nous avons une situation déplorable dans le pays et c’est ce qui explique la décision prise par le conseil de sécurité de l’ONU », soutient la présidente du Haut Conseil de la Transition. 

Mirlande Manigat reconnaît que certaines images et informations présentées par la presse internationale sur Haïti sont vraies. « Nou pa kapab vekse paske y ap pale nou mal paske nou mal vre », assène Manigat qui croit qu’il faut un front commun pour changer la donne.

« C’est notre faute à tous. C’est notre faute si le Conseil de Sécurité adopte une telle résolution », croit Mirlande Manigat.

Par ailleurs, l’ancienne première dame estime que si Haïti dispisait  des milliards accordés à l’Ukraine, ça aurait permis à remettre le pays sur les rails.

La presse haïtienne n’a pas été informée des décisions prises lors de ce conseil des ministres ou d’autres précisions autour du déploiement de cette mission multinationale de soutien à la sécurité. Encore une fois, les journalistes n’ont pas eu droit à poser des questions. Il s’agissait d’un point de presse. Ils sont restés sur leur soif.

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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