Intervenant à l’émission Le Rendez-vous avec Volcy Assad ce vendredi 8 septembre 2023, le co-fondateur du Mouvman Nasyonal Transparans Jorchemy Jean Baptiste a rejeté toute idée de démission du premier ministre Ariel Henry comme l’exige l’opposition. Selon lui, il n’y a aucun moyen de remplacer Ariel Henry au pouvoir.
L’actualité politique est mouvementée ces dernières heures avec les multiples rencontres de la délégation de la Caricom en Haïti avec l’ensemble des forces vives de la nation. Tentant de mettre les protagonistes sur une même table, la délégation continue d’essuyer des revers. Les deux blocs se livrent à un véritable jeu d’échecs. Les pions se déplacent dans les deux camps.
Tout à basculé hier quand les signataires de la déclaration de Kingston ont exigé la présence du premier ministre Ariel Henry comme condition sine qua non pour participer à une rencontre avec les alliés du pouvoir.
Les exigences des signataires de la déclaration de Kingston ont été formulées à la délégation de la Caricom moins de 3 heures avant la rencontre. Pour rappel, en début de semaine, l’opposition avait boudé la première invitation de la Caricom, évoquant le caractère tardif de l’invitation.
Selon les tenants de l’accord du 21 décembre, l’opposition a joué sur l’agenda très chargé du premier ministre pour faire ces exigences tardives afin de gagner du temps.
« Ils (signataires de la déclaration de Kingston) savaient bien que s’ils avaient notifié la Caricom la veille que le premier ministre devait être présent à la rencontre, le chef du gouvernement y serait », a déclaré Jorchemy Jean Baptiste qui croit qu’il s’agit d’ « une stratégie bien planifiée et bien concoctée ».
Ce point de vue évoqué par Jorchemy Jean Baptiste est tout à fait contraire à celui de l’ancien premier ministre Claude Joseph qui, lors de l’émission Le rendez-vous avec Volcy Assad, hier, a catégoriquement indiqué que Ariel Henry ne veut pas une issue à la crise. Le leader de EDE se rappelle le comportement de Ariel Henry lors de la rencontre en Jamaïque où il a été « forcé de se mettre sur la table des négociations ».
L’une des principales revendications des signataires de la déclaration de Kingston reste et demeure « la démission du premier ministre Ariel Henry pour la création d’un atmosphère propice à un dégel de la crise ».
« J’aimerais qu’on m’explique la formule pour mettre un nouveau premier ministre. Quand nous avons un chef du gouvernement dans la situation où nous sommes et vous lui demandez de démissionner. Avant qu’il démissionne, il va signer un arrêté pour désigner un autre? », se demande Jorchemy Jean Baptiste, répondant aux questions de Volcy Assad.
« Et s'il mourait ou n'arrivait pas à exercer la fonction en raison d'une incapacité quelconque, qu'est ce qu'on ferait ? », rébondi l'animateur de l'émission qui précise toutefois ne pas le souhaiter. A cette question, le signataire de l'accord du 21 Décembre déclare n'y avoir pas vraiment pensé
Jorchemy Jean Baptiste estime que, dans le contexte actuel, personne ne peut prétendre qu’il peut mieux faire que Ariel Henry en faisant cavalier seul car, selon lui, le pays est polarisé.
En somme, le souhait de la délégation de la Caricom de parvenir à un accord politique global pour un dégel de la crise est sur la route d’un échec. A ce titre, Jorchemy Jean Baptiste critique avec véhémence la « mauvaise foi » des leaders de l’opposition politique.
Dans cette dynamique politique qui se profile, le pouvoir ne veut qu’élargir le Haut Conseil de la Transition et mettre sur pied un gouvernement d’union nationale. Là-dessus, les chances de transiger sont minces. Les tenants de l’accord du 21 décembre ne veulent en aucun cas donner des prérogatives présidentielles au Haut Conseil de la Transition par peur de créer un « monstre ».
Ce vendredi 8 septembre, 24 heures après avoir boudé une rencontre avec la délégation de la Caricom, une délégation de la Déclaration de Kinston a rencontré les émissaires caraïbéens pour leur exprimer leur volonté de négocier une sortie de crise avec Ariel Henry doit être partie prenante des discussions. Toutefois, aucune date n'a été fixée pour la reprise des discussions entre les protagonistes.
La délégation de la CARICOM qui est arrivée en Haïti le 4 septembre 2023 avait envoyé aux parties un projet cadre d’accord dans lequel il a été mentionné la question de:
l'élargissement de l'HCT ou sa transformation en un Conseil Présidentiel;
la réforme constitutionnelle;
la sécurité et la mise en place d'un gouvernement de salut public.
La délégation quittera Haïti le 10 septembre prochain, soit 5 jours avant le vote du Conseil de Sécurité de l'ONU concernant le déploiement ou non d'une force multinationale en Haïti. Selon le projet de résolution rédigé par les USA et l'Equateur, il n'est plus question de force multinationale mais d'une " Mission Multinationale".
Par: Daniel Zéphyr
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