Le secrétaire général de l'ONU est arrivé en Haiti ce samedi 1er juillet. Selon son agenda, il rencontre d'abord, le premier Ariel Henry et son équipe à la résidence officielle et s'entretiendra avec des leaders politiques de l'opposition et du pouvoir à l'Hotel Karibe.
Pratiquement, la majorité des partis et regroupements poliques ayant pris part au sommet en Jamaïque seront représentés à cette rencontre. Le grand absent demeure l'ex premier ministre Claude Joseph, le leader de EDE. Lors de la réunion en Jamaïque Claude Joseph avait dressé un bilan catastrophique de la gestion du pouvoir et a été le seul à réclamer la démission de Ariel Henry et la mise en place d'une nouvelle gouvernance intérimaire.
Selon les informations parvenues à la rédaction, le numéro 1 de l’ONU doit rencontrer des structures, telles que Fanmi Lavalas, Nou P ap Dòmi, l'accord de Montana, l'accord du 21 décembre, le collectif du 30 janvier, Cardh, etc. Le parti EDE a tout bonnement été écarté. Il n'a pas été invité, selon une source. Autres absents à cette rencontre, le RNDDH qui avait pris part au somnet de la Jamaïque à titre d'observateur et En Avant de Jerry Tardieu.
Contacté par la rédaction, le Président du Conseil National de la Transition de l’accord de Montana James Beltis a confirmé la participation de son groupe à cette rencontre avec le numéro 1 de l’ONU. « Nous avons eu l’invitation et nous allons répondre positivement », a confie Beltis qui précise que Magali Comeau Denis représentera le Montana.
Toutefois, James Beltis ne croit pas une seconde à des retombées positives apres cette rencontre. Selon le signataire de l’accord de Montana, c’est une visite d’appui puisque les Nations Unis ont une position officielle sur la situation en Haiti. « Elles supportent l’accord du 21 decembre 2022, qui confère a un seul homme l’exercice des trois pouvoirs de l’Etat », soutient-il.
De l’avis de Beltis, l’ONU a opté pour « un pouvoir despotique en Haiti au mepris des articles 21 et 22 de la déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que de toutes les luttes pour la democratie menées par le peuple haitien et consacrées dans la constitution du 29 mars 1987 ». « Il est ici en Haïti pour continuer à faire semblant que l’ONU est à l’écoute des haïtiens. Pourtant leur agenda est déjà scellé depuis New York », poursuit-il, jugeant que cette visite tend à « valider le bilan de deux années de mauvaise gouvernance, de violation de droits humains et de terrorisme d’Etat. »
Une bonne partie de signataires de l’accord du 21 décembre est invitée à cette rencontre. Le Secteur Démocratique et Populaire a désigné Marjorie Michel pour les représenter. A cette rencontre, le SDP, selon une source, aura à défendre la nécessité d’une force internationale d’appui à la PNH « pour mettre de l’ordre dans le pays ».
Un autre signataire de l’accord du 21 décembre sera de la partie. Il s’agit de Pascal Adrien, ancien bras droit de l’ancien chef du gouvernement Jean Henry Céant. Il l’a confirmé à la rédaction. « Ce sont nos positions publiques que nous allons réitérer avec beaucoup plus d’emphase en vue de trouver le bout du tunnel », confie M. Adrien.
Le jeune politicien reste convaincu qu’ « il faut prioriser les intérêts supérieurs de la nation au détriment des intérêts personnel pour espérer un dégel de cette crise ». Il se dit contre l’idée de penser que tout dégel de la crise profitera au pouvoir de Ariel Henry. Adrien qui croit que « l’échec du premier ministre est l’échec d’Haïti lance un appel au dialogue pour enfin rompre avec toutes ces décennies de crise… »
Antonio Guterres laisse le pays cet après-midi à destination de Trinidad and Tobago pour particper à une rencontre de la CARICOM. Ariel Henry doit lui aussi s'y rendre pour rencontrer le secrétaire d'état américain Antony Blinken
Par Daniel Zéphyr
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