Interviewé par la radio métropole hier lundi autour de l’interdiction d’entrée prise par la République dominicaine à son encontre, l’ancien Premier Ministre Evans Paul dénonce une décision arbitraire prise par Abinader. Selon lui, cette décision peut être due au fait qu’il avait interdit l’entrée par les frontières terrestres en Haïti, d’environ 23 produits de la République Dominicaine « afin de faciliter le contrôle de qualité nécessaire à la protection de la population » en octobre 2015.
Des personnalités frappées par la mesure d’interdiction d’entrée sur le territoire dominicain n’ont pas mis de temps pour réagir.
Après le patron de Gazette Haiti News Volcy Assad qui ne se montre pas vraiment préoccupé par une telle mesure pour n’avoir, dit-il, pas mis les pieds en République dominicaine qu’une seule fois en 16 ans, l’ex premier Evans Paul, au micro de Wendel Théodore, est tombé des nues.
« Ça me surprend beaucoup. Jusqu’à présent, je ne connais pas les motivations », lance d’entrée de jeu celui qui a été pendant plusieurs mois Premier Ministre sous l’administration de Joseph Michel Martelly.
« Ce ne me dérange pas le fait que je ne peux pas me rendre en République dominicaine. Je ne quitte pas souvent Haïti. Je n’ai aucun intérêt personnel dans un pays étranger. Je n’ai pas d’entreprises à l’étranger. Je n’ y ai pas de biens. Ce n’est pas un problème personnel mais je me pose la question pour savoir ce qui motive une décision pareille », explique longuement Evans Paul.
Décision arbitraire
« C’est une décision qui me paraît arbitraire », estime Evans Paul qui ne comprend pas que des décisions aient été prises sans qu’aucune explication n’ait été donnée. « Ma position est que je ne prends pas ça comme quelque chose de gravez. Ça ne va pas créer un problème entre moi et le peuple dominicain », ajoute-t-il.
De l’avis de l’ancien homme fort du parti politique KID, depuis plusieurs mois, il y a un processus visant, croit-il, à éjecter le peuple haïtien des choix et décisions politiques et que cela passe par ces fameuses listes de sanctions. « J’ai toujours eu un comportement respectable. Je n’ai pas l’habitude d’être impliqué dans des trucs louches. Un pays a le droit de dire qui peut ou qui ne peut pas rentrer sur son territoire », a poursuivi Paul.
Toutefois, Evans Paul tente de donner des explications sur une telle décision. L’ancien Premier Ministre a repris dans sa tête toutes les actions posées lorsqu’il était chef du gouvernement dont celle la plus controversée datant de 2015.
En fin 2015, selon Evans Paul, le gouvernement haïtien via le ministère de l’économie et des finances avait publié un communiqué annonçant l’interdiction d’entrée par voie terrestre d'environ 23 produits dominicains.
« Ces mesures sont adoptées dans l’objectif d’un meilleur contrôle de qualité et en vue de mieux assurer la sécurité de la population »,avait précisé le communiqué.
La liste des produits concernés, selon ce communiqué, était la suivante : farine de froment, ciment gris, huile comestible, savon de lessive, détergent en poudre, emballage en foam, eau portable, peinture et produits pour carrosserie de voiture, beurre de cuisine, mantèque, fer pour la construction, pâtes alimentaires, métal déployé et tôles, tuyaux PVC, jus en poudre, boissons gazeuses, bière, snack (cheeco), maïs moulu, matelas, équipements lourds pour la construction, ustensiles ménagers en plastique et biscuits.
De plus, Evans Paul signale les nombreuses interventions qu’il a eues à faire sur la frontière dominicaine en raison des déportations massives des migrants haïtiens.
« Il faut garder la tête froide jusqu’à ce qu’on arrive à comprendre cet amalgame », explique Evans Paul dans cette interview à Radio Métropole.
Par: Daniel Zéphyr
- Log in to post comments


