PubGazetteHaiti202005

Drame a  Village de Dieu: 2 ans après, le pays est totalement livré aux bandits, déplore Marie Yolène Gilles

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Intervenant ce lundi 13 mars 2023 à l’émission Le Rendez-Vous avec Volcy Assad, la directrice exécutive de la Fondation Je Klere, Marie Yolène Gilles dit déplorer la descente aux enfers que connait le pays avec les bandits armés qui sont entrain d’encercler la capitale. Dans la foulée, elle dénonce le communiqué du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique demandant à la population de se défendre face aux exactions des gangs.

 

Ce 12 mars 2021, fut un jour funeste. Des policiers de plusieurs unités spécialisées de la Police nationale dont le SWAT et le BOID menaient une opération à Village-de-Dieu pour tenter de déloger le gang armé " Izo 5 Segon" qui contrôle ce quartier pauvre  de Port-au-Prince. L’opération s’est soldée par la mort de cinq policiers de la Swat Team, une dizaine d’autres blessés, un véhicule blindé de la police incendié et un autre confisqué par les malfrats. Depuis, la police nationale n’a jamais remis les pieds dans cette zone livrée aux bandits.

 

Deux ans après, les plaies sont toujours béantes pour les familles des victimes et leurs confrères d'armes. Qui pis est, les bandits armés règnent en maîtres et seigneurs. Le pays est de plus en plus livré aux malfrats. Le constat de Marie Yolène Gilles est accablant.

 

« Jusqu’à présent les cadavres n’ont pas été récupérés. Qu’est ce qui a été dit aux familles des victimes ? C’est bien malheureux. La sécurité d’un pays ne peut pas être remise aux gangs », dénonce sans langue de bois, Marie Yolène Gilles, Directrice Exécutive de la Fondation Je Klere au micro de Volcy Assad.

 

Les images véhiculées sur les réseaux sociaux par les bandits armés après ce forfait ont été chocantes. Les corps sans vie des policiers munis de leur tunique de la PNH ont fait le tour du monde. Un drame qui a provoqué un onde de choc.

 

« Cette situation a démobilisé la Police Nationale d’Haïti. C’est l’impunité qui est encouragée. Les autorités ont violé le droit de la population de connaître l’identité de ceux qui ont instigué cette opération qui a conduit à cette terrible déconvenue », explique Marie Yolène Gilles.

 

Depuis cette date tragique du 12 mars, la police nationale n’a jamais remis les pieds dans cette zone. Selon Marie Yolène Gilles, cette décision peut expliquer la véritable descente aux enfers du pays. « Les bandits ont le champ libre. Ils ont les moyens. Aujourd’hui, le pays n’est pas dirigé en matière de sécurité », regrette-elle, dénonçant la stratégie des bandits armes de bloquer les grands axes. « La situation est compliquée, aggravée. Il y a aucun espoir que la réponse va venir », s’alarme Gilles.

 

La militante de Droits Humains se questionne sur les velléités du gouvernement en place surtout en matière de sécurité. « Il y a des gens qui dirigent la population. S’ils ne peuvent pas, qu’ils tirent la révérence », recommande Marie Yolène Gilles.

 

 

Face aux assauts des bandits contre les citoyens, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique rappelle à la population haïtienne dans une note publiée le lundi 6 mars 2023 que la défense est un droit sacré. 
 

« Dans le cas où un individu armé pénètre chez vous avec violence, la loi vous autorise à vous défendre selon les prescrits des articles 272 jusqu’à 274 du code pénal haïtien », écrit le ministère dans la note dont une copie a été acheminée au journal.

 

« Il n'y a ni crime, ni délit, lorsque l'homicide, les blessures et les coups étaient ordonnés par la loi et commandés par l'autorité légitime », précise l’article 272 du code pénal. Alors que « sont compris dans les cas de nécessité actuelle de défense, les deux cas suivants : 1) Si l'homicide a été commis, si les blessures ont été faites, ou si les coups ont été portés en repoussant pendant la nuit, l'escalade, ou l'effraction des clôtures, murs ou entrée d'une maison ou d'un appartement habités, ou de leurs dépendances ; 2) Si le fait a eu lieu en se défendant contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence », prévoit l’article 274.

 

« Il devrait commencer par nous donner les moyens », ironise Gilles. « Comment peut-on demander à une population de se défendre ? Dans quel pays avez-vous déjà entendu cela ? », se demande Marie Yolène Gilles. « Fòk minis la parèt tout kòl pou li di kisa l vle », dit-elle

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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