Le Comité Consultatif Indépendant (CCI), à travers un communiqué publié le vendredi 4 juin 2021, exprime sa préoccupation « face à la multiplication des discours incitant à la violence, ainsi que face aux actes qui utilisent les armes pour s'opposer à la consultation populaire prévue le 27 juin 2021 ». Le CCI confronté à une opposition de plus en plus radicale de certains secteurs du pays au référendum appelle « à un débat pluriel, respectueux et pacifique sur l’avant-projet de la nouvelle constitution ».
« Le Comité a observé avec inquiétude des propos tenus sans état d'âme, invitant à brûler des bureaux électoraux ou attisant les esprits de personnes armées », déplore le CCI qui explique que ces actions prennent pour « prétexte d'exprimer de mécontentement à l'égard du référendum constitutionnel ».
Ces genres de propos, soutenus par des personnalités publiques, affirme le CCI, « ont des répercussions dans la réalité, débouchant sur des épisodes regrettables comme ceux enregistrés le 1er juin à Jacmel », regrette le Comité.
Le Comité « exprime sa préoccupation face à l'augmentation des messages haineux sur les réseaux sociaux, messages qui incluent des menaces directes contre la vie des membres du CCI ».
« Aucun désaccord politique ne justifie la violence, encore moins la violence armée ou physique », déclare le Comite Consultatif dirigé par l’ ancien président provisoire Me Boniface Alexandre qui invite « tous les citoyens et citoyennes, en accord ou en désaccord avec le processus de réforme constitutionnelle, à exercer leur liberté d’expression et leur droit de vote, dans le cadre du respect d’autrui et de la loi ».
Le Comité ajoute que « cette invitation est aussi valable pour tous ceux dont les mœurs sont contraires au référendum et préfèrent s'abstenir d’y participer ».
« La pluralité est une des bases de la démocratie », indique le CCI, privilégiant « un débat respectueux et à la hauteur des besoins du pays ».
Le CCI réitère « son engagement dans l’importante tâche d’élaborer un texte constitutionnel suffisamment solide et représentatif, pour que tous les haïtiens et haïtiennes puissent se prononcer dans les urnes, face à choix de doter le pays d’une nouvelle loi mère ».
A mesure que la date pour la tenue du référendum approche, soit le 27 juin 2021, des secteurs et figures politiques du pays ont déjà appelé au boycott par tous les moyens. A Léogâne, l’ancien député Me Danton, entouré de plusieurs militants avait brandi des machettes devant les caméras de journalistes. Dans le Nord du pays, les dirigeants du « mouvman Popilè Nò » ont emboîté le pas en annonçant un « dechoukay » en règle en signe de protestation contre le référendum.
Et dans plusieurs zones du pays notamment en province, de nombreuses rencontres concernant ce projet de changement de constitution ont été tenues en échec par certains membres de la population.
La note du CCI intervient à un moment où l'on parle d'un eventuel renvoi du référendum. Une information démentie par le ministre Mathias Pierre aurguant que tout nouveau calendrier suppose une concertation entre tous les acteurs impliqués dans l'organisation du référendum et rien de cela n'a été discuté, a fait savoir l'ancien candidat à la présidence.
Par Juhakenson Blaise
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