L’ancien conseiller-président Smith Augustin a exprimé, mardi 14 juillet 2026, sa solidarité envers son ancien collègue Emmanuel Vertilaire à la suite des déclarations menaçantes proférées par le leader du parti politique« Pitit Dessalines » , Jean-Charles Moïse contre son ancien protégé.
Dans une publication sur son compte X, Smith Augustin affirme avoir appris avec une profonde tristesse les récentes déclarations de l’ancien sénateur, qui a annoncé son intention de plonger le pays dans « le feu et le tumulte » pour protester contre le pouvoir en place.
Il dit avoir été particulièrement choqué par les menaces visant son ancien collègue et ami Emmanuel Vertilaire. À cet égard, il lui a exprimé, sans ambiguïté, son entière solidarité.
Smith Augustin a toutefois souligné que personne ne peut sérieusement contester la légitimité de la colère qui monte dans le pays. « La confiance s’effrite, les réponses se font attendre. L’indignation des citoyens devient un fait qu’il faut entendre avant de prétendre la combattre », a-t-il déclaré.
Il a néanmoins insisté sur le fait qu’une nation ne se reconstruit pas par la destruction. « Ce n’est pas en ajoutant les ruines aux ruines que l’on rebâtit une patrie. Ce n’est pas en livrant le pays à la violence que l’on prépare son relèvement », a-t-il poursuivi.
Selon lui, le redressement du pays passe par le courage, un leadership responsable, la constance, le patriotisme et le sens des responsabilités.
Jean-Charles Moïse a tenu ces propos, jugés violents par de nombreux observateurs, dimanche dernier, lors d’un rassemblement organisé au Cap-Haïtien.
À cette occasion, il a annoncé le lancement de mouvements de protestation après la fin de la Coupe du monde 2026 afin d’exiger le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Au cours de son intervention, il a évoqué des incendies et des « dechoukaj », des propos largement perçus comme des menaces.
Le dirigeant de « Pitit Dessalines» a également fait référence à la résidence d’Emmanuel Vertilaire, demandant publiquement à la foule de communiquer son adresse.
Dans une note de protestation, le parti politique Les Patriotes a dénoncé les menaces d’incendie visant le cabinet d’avocats de son représentant officiel, Me Emmanuel Vertilaire.
Le parti a appelé le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ainsi que les autorités policières à prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer la protection de Vertilaire, sa famille, ses biens, ses collaborateurs et toute personne appelée à assurer sa représentation ou sa défense.
Les déclarations de Jean-Charles Moïse ont suscité de nombreuses réactions et ont été largement condamnées par plusieurs acteurs de la classe politique.
Jean-Charles Moïse convoqué au parquet
À la suite de ces déclarations, le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Jean Fritz Patterson Dorval, avait convoqué Jean-Charles Moïse au parquet ce jeudi 16 juillet 2026. Le leader politique s’est fait représenter par son avocat Me Benissoit Detournel.
Par: Daniella Saint-Louis
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