Lors d’une séance publique tenue le mardi 20 mai 2025, le tribunal disciplinaire du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) a prononcé « une sanction de mise en disponibilité sans traitement pour une durée de trois ans à l’encontre du juge instructeur Merlan Belabre pour manquements graves à la loi ».
Après avoir été mis en disponibilité pour une durée de trois mois suite à une plainte déposée contre lui pour libération provisoire d’un inculpé, le dossier dans lequel est impliqué le juge d’instruction du tribunal de première instance Melan Belabre refait surface. Le tribunal du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire a statué sur deux plaintes graves déposées contre lui en janvier 2025 lors d’une séance tenue le 20 mai dernier. Il lui est reproché d’avoir libéré provisoirement deux individus inculpés pour viol sur mineure. Il s’agit de Réné TOUSSAINT et Odile VILLIER.
Selon un document du CSPJ parvenu à la rédaction, René Toussaint directeur de l'Institution Mixte de Formation et de Recherche, sise à Delmas 60 est inculpé de viol sur une fille mineure nommée Chebania BONHOMME, âgée de 15 ans et élève audit établissement. Ce viol commis sans protection dans les locaux de l'institution, a conduit à une grossesse, obligeant la victime à abandonner sa scolarité. Quant à Odile VILLIER, âgé de 32 ans il est inculpé de viol sur une fille mineure, Melineka FLEURELUS, âgée de 15 ans au moment des faits.
Les deux plaintes ont été déposées contre lui par par le père des enfants Maxo Bonhomme et Jackson Orelus.
« Interrogé par le Tribunal, le magistrat Merlan BELABRE déclare qu'il était en charge de l'instruction d'une affaire de viol sur la mineure Chebania BONHOMME, dans laquelle Monsieur René TOUSSAINT est inculpé. Il affirme qu'au moment de la comparution de ce derpier devant lui, au cabinet d'instruction, il l'a constaté en chaise roulante, incapable même de répondre aux questions qui lui étaient posées. Sur la base d'une requête qui lui avait été adressée, et en considération de l'état de santé de l'inculpé, Magistrat Merlan BELABRE déclare avoir ordonné une libération provisoire pour raisons humanitaires, décision fondée, selon ses dires, sur un certificat médical délivré par un expert » , rapporte le CSPJ.
Odile Villier a été libéré provisoirement par le juge Belabre après son second interrogatoire sans convulsions préalables du commissaire du gouvernement.
Cependant, les articles 95 et 96 du Code d'instruction criminelle, qui interdisent l'octroi de la liberté provisoire en matière criminelle, ladite mesure n'étant autorisée qu'en matière délictuelle, et prescrivent par ailleurs la communication du dossier au Commissaire du Gouvernement pour ses conclusions préalablement à toute décision de libération, poursuit-il.
Le conseiller-rapporteur Me Jude Thimogène ordonne à «tous Huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution ; aux officiers du Ministère Public près les tribunaux civils d'y tenir la main ; à tous commandants et autres officiers de la force publique d'y prêter main forte, lorsqu'ils en seront légalement requis » .
Par: Daniella Saint-Louis
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