Dans un communiqué de presse ce jeudi soir, le département d’Etat américain a annoncé des sanctions contre 5 nouvelles personnalités et 7 membres de leurs familles sans préciser leur identité. Ces personnalités sont soupçonnées d’être de mèche avec les gangs armés.
Apres le Canada, les États-Unis emboîtent le pas. Le Secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken vient de confirmer des sanctions contre 5 personnalités en Haïti et 7 membres de leurs familles sans en révéler leur identité.
« Nous prenons des mesures pour imposer des restrictions de visa à 5 personnes supplémentaires et 7 membres de leur famille en raison d'activités qui fomentent la violence et sapent la démocratie et l'état de droit en Haïti. Cette action, coordonnée avec le Canada, renforce notre soutien au peuple haïtien », écrit le chancelier sur Twitter.
Selon le communiqué du département d’Etat, cette action envoie un message clair de l’engagement continu à éradiquer la corruption et à avoir un impact sur le comportement des mauvais acteurs dont l'influence sous-tend l'anarchie en Haïti.
Il y a quelques heures, la presse canadienne avait annoncé des sanctions contre l’ancien Président de la République d’Haïti Jocelerme Privert et l’avocat Salim Succar, proche de l’ancien Président Joseph Michel Martelly et l’ancien Premier Ministre Laurent Lamothe. Ces deux personnalités haïtiennes sont soupçonnées de financer les gangs criminels.
Ce jeudi à la 44e réunion de la CARICOM, le premier ministre Justin Trudeau l’avait annoncé. Ces membres de l’élite haïtienne sont accusés d’avoir des liens étroits avec les gangs qui terrorisent la population.
« Le Canada continue à encourager les pays partenaires à également mettre en place les sanctions ou d'autres mesures pour optimiser notre combat contre l'impunité et la corruption », a déclaré le premier ministre Trudeau.
Lors de cette réunion, sans répondre positivement à la demande d'intervention militaire évoquée par le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme la semaine dernière, M. Trudeau s'est engagé à envoyer des navires de la Marine royale canadienne au large de l'île d'Hispaniola.
Ceux-ci auront pour mission d'effectuer une surveillance, de recueillir des renseignements et de maintenir une présence au large des côtes haïtiennes, a-t-il expliqué.
Cette décision intervient peu de temps après le retour au Canada d'un avion des FAC ayant participé à une mission similaire, plus tôt ce mois-ci.
Haïti est aux prises avec une augmentation des meurtres, des viols et des enlèvements imputés à des gangs, qui sont devenus plus puissants depuis l'assassinat en juillet 2021 du président Jovenel Moise.
Le pays est actuellement dirigé par Ariel Henry, qui assume de facto la fonction de premier ministre même s'il n'a pas été élu à ce poste. Justin Trudeau l'a rencontré jeudi à huis clos.
Dans son discours devant les chefs de gouvernement de la CARICOM, le premier ministre Trudeau a indiqué que pour s'entendre sur la forme que pourrait prendre l'aide canadienne, il souhaitait un engagement de la partie haïtienne à tout mettre en oeuvre pour organiser des élections.
Outre le déploiement de navires au large d'Haïti, le Canada a annoncé jeudi l'octroi de 12,3 millions de dollars en aide humanitaire au pays, ainsi que 10 millions à l'Organisation internationale pour les migrations afin de venir en aide aux migrants dans la région.
Par: Daniel Zéphyr
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