PubGazetteHaiti202005

A défaut des Gonaïves, Ariel Henry célèbre l’indépendance au Champ de Mars et lance un message d’espoir

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C’est au Champ de Mars, près du Musée Panthéon National d’Haïti que le premier ministre a fait le traditionnel discours de la fête de l’Indépendance du pays ce 1er janvier 2023. Ariel Henry, qui ne s’est pas rendu aux Gonaïves à cette occasion, contrairement à l’année dernière où il a failli laisser sa peau, a lancé un discours d’espérance et de foi.  

 

1er janvier 2023. 6h am, les rues de Port-au-Prince sont quasiment vides. Quelques rares motocyclettes sont remarquées. L’’accès au champ de Mars se trouvant au cœur de la capitale, est difficile. L’aire est déjà bouclée et gardée par un lourd dispositif policier. Aucun véhicule, autres que ceux de la police, n’est autorisé à arpenter les grands axes du champ de mars.

Si côté sécuritaire, tout est sous contrôle, au niveau des préparatifs, tout n’est encore au beau fixe. Sur les différents stands, les responsables appliquent les dernières couches de peinture, les instruments musicaux sont en train d’être installés.

 

Entre-temps, les agents des forces armées d’Haïti et de la Police Nationale d’Haïti défilent pour tenter de créer un peu d'animation. Les sons de tambour et de trompette retentissent. Pas saccadés, bicolores en main, la parade militaire s’est déroulée comme on veut.

 

9h 30 am. Sous un soleil qui s’est mis à taper de plus en plus, les grands commis de l’Etat affluent. Des hommes, vestes sombres, des femmes, robes noires, talons aiguilles, lunettes de soleil et autres accessoires déambulent sur l’aire du champ de mars. Les grands dignitaires se fraient une place au MUPANAH pour accueillir Ariel Henry. Après avoir reçu les honneurs des FAD’H, Ariel Henry s’est mis aux côtés de ses ministres pour assister à la montée du drapeau avant de faire le dépôt des gerbes de fleurs aux pieds des héros de la patrie et rejoindre le stand pour la cérémonie officielle.

 

10h pile. La cérémonie débute avec le défilé magistral de plusieurs danseurs et danseuses du théâtre national. Vêtu de jaune abricot, filles et garçons se tordent le corps pour rappeler le rituel des esclaves sous le rythme des sons retentissant des tambours, conjugué d’une chorégraphie rendant hommage au père de la patrie Jean Jacques Dessalines.

 10h15. la cérémonie n’épuise pas. Le public s’offre un concert gratuit de deux des plus belles voix féminines haïtiennes: Thamara Suffren et Renette Désir émerveillent. Avec les titres, « Soley Leve », « Nou pale Kreyol », les deux chanteuses dressent un tapis rouge au chef du gouvernement appelé à présenter son discours.
 

« Foi, espérance »

 

Dans son discours de circonstance, le Premier Ministre Ariel Henry se veut précis, concis et clair. Il passé en revue la prouesse des ancêtres qui, selon lui, a donné une leçon magistrale d’humanisme, de dignité, de liberté et de respect des droits humains. « Aux yeux de l’univers étonné, nous avons donné l’exemple héroïque d’un peuple qui renversa toutes les barrières et tous les obstacles, pour s’élever au rang de Première République libre du monde. En remportant cette victoire mémorable, les Haïtiens ont appris aux esclavagistes de partout qui se prétendaient civilisés, que l’asservissement et l’exploitation de l’homme par l’homme était inhumain et déshonorait ceux qui le faisaient », rappelle M. Henry.

 

« Nous avons dévié »

 

Ce jour de l’indépendance, pour Ariel Henry, doit être une occasion de s’interroger systématiquement sur l’utilisation faite de l’héritage légué par les ancêtres. « Chaque haïtienne, chaque haïtien doit se demander aujourd’hui, si nos ancêtres pouvaient nous regarder les yeux dans les yeux aujourd’hui, pourraient-ils être eux aussi être fiers de nous », lance-t-il, croyant que « nous avons dévié ». « Nous ne nous sommes pas toujours montrés à la hauteur de ce que le monde pouvait attendre d’un peuple qui a fait 1804 », ajoute-t-il.

 

Conscient de la situation socio-politique du pays qui force de nombreux jeunes à délaisser le pays pour espérer mieux ailleurs, Ariel Henry s’est particulièrement adressé aux jeunes haïtiens. « Vous êtes l’avenir d’Haïti, c’est sur vous que la nation compte pour que les choses changent irréversiblement ici. L’Haïti de demain sera ce que vous aurez décidé d’en faire », s’adresse le locataire de la primature.

 

« Force d’appui »

 

Une fois de plus, le Premier Ministre Ariel Henry a présenté les faiblesses de la Police Nationale d’Haïti pour soutenir sa décision de solliciter une force d’appui à la PNH. « Je le répète une fois de plus, quand nous demandons un appui à la PNH pour reprendre le contrôle de tous les territoires […], ce n’est pas une occupation que nous demandons. Ce n’est pas une intervention militaire que nous demandons », clarifie M. Henry qui dit vouloir que tous les Haïtiens puissent vaquer librement à leurs occupations dans les zones réputées de non-droit.

 

Le retour à la normale, pour le premier ministre Ariel Henry, est la priorité numéro 1 pour les premiers mois de l’année 2023 en vue de la réalisation des prochaines consultations populaires. Il se félicite d’avoir terminé l’année avec la signature d’un accord « venu renforcer celui du 11 septembre 2021 ». « Yo sezi, yo panike, ekip la ap genyen chanpyona lap ranpòte koup la pou pèp la », lance-t-il pour chambrer ses opposants.

 

Ce consensus trouvé qui prévoit un haut conseil de la transition est validé par le conseil des ministres et le document ainsi que les noms desdits membres ont été acheminés au Moniteur pour publication. « Je le redis, le Palais National sera occupé par un président élu librement par le peuple Haïtien, nou pa gen foli pouvwa », réitère-t-il.

 

Par ailleurs, Ariel Henry a remercié le Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur Antonio Guttieres « pour avoir relayé avec célérité et vigueur » la requête d’un appui robuste à la police nationale ainsi que l’équipe du BINUH qui, selon lui, a contribué efficacement en toute discrétion à la concrétisation du compromis national.

 

Ariel Henry a tout aussi formulé des vœux que les écoliers, étudiants et enseignants puissent reprendre le chemin de l’école et de l’université, dès le 3 janvier en vue de rattraper, les jours de classe manqués depuis la rentrée.

 


 

Par : Daniel Zéphyr

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