Le premier ministre Ariel Henry et les autres membres du gouvernement n’ont pas été à Vertières pour commémorer les 219 ans de la Bataille de Vertières ce vendredi 18 novembre. Une énième célébration en demi-teinte. De grands dignitaires de l'État, le commandant en chef des Forces Armées d'Haïti, le chef de la police ont assisté au dépôt d'une gerbe de fleurs au MUPANAH. Hymne national, salutations, parades militaires aux alentours du MUPANAH, sont entre-autres le résumé de cette commémoration a minima. Pas de discours officiel.
Situé à 240 km au nord de Port-au-Prince, le site de Vertières est traditionnellement le lieu des commémorations mais le premier ministre Ariel Henry n'a pas fait le déplacement et s'est plutôt rendu au Musée du Panthéon national (MUPANAH). Depuis 2018 aucune cérémonie officielle n’est organisée sur le site de Vertières en raison des mouvements de protestation qui y sont organisés. Le 18 novembre 2018, Jean Charles Moïse avait fait hisser un bicolore noir et rouge à Vertières.
En ce 18 novembre 2022, c'est un Champ de Mars interdit d'accès aux citoyens qui a accueilli les officiels de l'État et les travailleurs de la presse pour la célébration du 219e anniversaire de la bataille de Vertières, qui s'est déroulée sans véritable éclat. Tôt ce matin, l’aire du Champ-de-Mars était déjà bouclée et gardée par un lourd dispositif policier. Aucun véhicule, autres que ceux de la police, n’était autorisé à arpenter les grands axes du champ de mars. Sécurité oblige.
Pour lancer le coup d’envoi de la journée historique, la fanfare des Forces Armées d'Haïti a tenté de créer un peu d'animation, un défilé militaire entre la Tour 2004 et le MUPANAH, séparés de quelques mètres. Les sons de tambour et de trompette retentissaient. Armes sur les épaules, pas saccadés, bicolores en main, la parade militaire s’est déroulée à l'ordinaire. Mais rien de spectaculaire. Pas de public non plus pour applaudir, apprécier ou critiquer.
Quelques minutes plus tard, le premier ministre Ariel Henry qui vient de résister à plus de deux mois de protestation a fait son apparition dans les parages du Musée Panthéon National accompagné entre-autres des ministre de la Défense Enold Joseph, de la jeunesse et des sports Raymonde Rival, du directeur général de la police nationale d’Haïti Frantz Elbé et du commandant en chef des forces armées, Jodel Lessage. Là, il s'est tenu droit pour recevoir les honneurs des forces armées d’Haïti avant de franchir les portes du Musée Panthéon National. Aucune manifestation n'a été organisée dans l"aire du Champs de Mars.
Sans discours officiel ni une brève déclaration à la presse nationale et internationale, le premier ministre Ariel Henry fait le dépôt d’une gerbe de fleurs en mémoire des Héros de Vertières sur la stèle du MUPANAH. Le premier ministre Ariel Henry a ensuite observé une minute de recueillement à la mémoire de nos combattants et a signé le traditionnel livre d’or avant de quitter les locaux du musée pour arpenter à pied les rues de l’aire du champ de mars pour se rendre au grand quartier général où il a passé de longues minutes de discussion avec les membres du haut Etat-Major.
Sur Twitter, Ariel Henry souligne que ce jour nous rappelle « l'impérieuse obligation de continuer à travailler ensemble pour le bien-être de notre Haïti chérie ». « Que ce bel exemple de nos ancêtres et leurs prouesses nous inspirent et nous aident à remonter la pente et à reconstruire notre pays », écrit le chef du gouvernement sur Twitter.
Selon le titulaire de la Primature, le voile de la solidarité, du dialogue et du vivre-ensemble est déchiré à cause de nos querelles intestines. Il fait appel à l’unité en vue de rendre à Haïti sa fierté, sa gloire. « Il est venu le temps pour que les fils et filles de la nation, à l'instar des héros de Vertières, s'accordent à penser, à dire et à agir dans l'intérêt de la nation commune », dit-il.
Parallèlement, à l’appel du leader de la structure politique Pitit Desalin Jean Charles Moïse, des citoyens s’apprêtent à gagner les rues de la capitale ce 18 novembre « pour exiger le départ du premier ministre Ariel Henry, le retrait de l’augmentation des prix des produits pétroliers et le changement de comportement des banques commerciales ».
Par: Daniel Zéphyr
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