PubGazetteHaiti202005

Ariel Henry ne souhaiterait pas diriger le pays avec un organe de contrôle, selon Clarens Renois

Clarens Renois, leader de la structure politique UNIR

Intervenant hier mercredi 16 novembre 2022 à l’émission Le Rendez Vous avec Volcy Assad, le leader de la structure politique UNIR Clarens Renois estime que le chef du gouvernement Ariel Henry craint de diriger le pays avec un organe de contrôle. Il invite Ariel Henry à un dépassement de soi pour parvenir à un compromis historique devant juguler la crise qui sévit en Haïti depuis très longtemps.

 

 

 

Il est un des acteurs sur l’échiquier politique qui lutte pour un compromis historique avec le premier ministre Ariel Henry. Clarens Renois, leader de la structure politique UNIR dit avoir travaillé pendant plusieurs mois avec des acteurs politiques sur la création d’un « haut conseil de transition » pour accompagner Ariel Henry dans sa gestion.

 

 

 

Cet organe, selon Clarens Renois, devrait symboliquement compléter le gouvernement et retirer tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. « Il aurait à contrôler les actions gouvernementales », explique Clarens Renois, précisant que cet organe n’aurait pas les prérogatives pour sanctionner le gouvernement mais servirait de vigile pour éviter les dérives « Ce travail a été réalisé à deux niveaux », détaille Renois.

 

 

 

Depuis plusieurs mois, plusieurs partis politiques forme une coalition dans l’optique de trouver un « compromis historique » avec le premier ministre Ariel Henry. Cette coalition a effectué un travail en profondeur sur l’idée du haut conseil de transition tout en lui conférant pouvoirs et attributions. « 

 

 

 

La crainte de Ariel Henry

 

 

 

Selon Renois, le chef du gouvernement est on ne peut plus hésitant. « Je crois que Ariel Henry a beaucoup de crainte d’avoir à ses côtés un organe de contrôle pour équilibrer le pouvoir avec lui », croit le leader de UNIR. « A sa place, j’aurais partagé les responsabilités historiques. La sagesse politique, l’amour du pays et la connaissance de l’histoire devraient l’indiquer qu’il est trop seul dans cette affaire et qu’il a besoin de complices historiques pour sortir le pays du bourbier dans lequel il patauge », croit l’ancien candidat à la présidence.  

 

 

 

 Fritz Jean, président élu de l’accord de Montana et Ariel Henry et le premier ministre Ariel Henry, il y a plusieurs mois, devaient signer un accord qui devait faire de l’ancien gouverneur de la banque centrale le président du Haut Conseil de Transition ( HCT. Un accord qui a échoué en raison des exigences de Fritz Jean. Ce dernier souhaite bien présider cette structure mais avec prérogatives lui permettant de contrôler l’action gouvernementale tandis qu’Ariel ne veut pas en entendre parler. 

 

Dans le cadre des démarches visant à trouver un “ Compromis Historique “ Fritz Jean a été contacté informe Clarens Renois. Le coordonnateur du parti UNIR précise toutefois que personne n’a encore été désigné. « On ne peut désigner personne à l’avance. Il est dit dans le document que le conseil aura 5 membres et il désignera un coordonnateur », clarifie Renois, reconnaissant qu’un des membres pourrait toujours avoir la préséance par rapport à un autre. Dans leur plan, il évite de parler d’un président à la tête du HCT optant pour un coordinateur pour ne pas faire peur au premier ministre. 

 

La démarche des acteurs politiques préconisant un haut conseil de transition, selon Clarens Renois, n’est pas de diriger avec Ariel Henry mais d’accompagner un chef du gouvernement car certains politiques ne veulent pas entendre parler de Ariel Henry. « D’autres reconnaissent qu’il est de fait à la tête du gouvernement et qu’il jouit du soutient de l’international et il n’y a pas moyen de le renverser », confine Renois.

 

 

 

« Vagabondage politique »

 

 

 

Les jours passent et le haut conseil de transition ne connaît toujours pas son verdict. S’il voit en Ariel Henry un premier ministre hésitant pour accepter cette démarche, Clarens Renois croit que ce dernier doit à tout prix faire un compromis. « Il prend trop de responsabilités seul pour diriger ce pays. S’il continue de diriger en ce sens, je crains qu’on ne débouche encore sur 10 années de crise », prévient Renois. « On peut se retrouver avec des élections pré-contestées et même post-contestées. Ce qui pourra déboucher sur l’instabilité et enfoncer le pays dans le chaos », soutient Renois.

 

 

 

Selon les informations parvenues à la rédaction de Gazette Haïti, l’accord devrait être signé mardi dernier. Clarens Renois qui rejette d’un revers de main une telle information croit que ce n’est que de la diversion. « C’est du vagabondage politique. Les affaires du pays sont trop sérieuses pour faire des diversions. Ce n’est pas sérieux. Il n’en était jamais question », dit-il. « Pour le moment, on est nulle part, au contraire, nous avons régressé », révèle-t-il, précisant qu’ils étaient très proches d’un accord il y a quelques semaines. « Il faut que le premier ministre accepte de faire un vrai accord politique », dit-il.

 

 

 

 

 

 

 

Par : Daniel Zéphyr

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