Le premier ministre Joseph Jouthe est revenu, ce mercredi, sur les incidents survenus à Village de Dieu lors de l’opération policière du 12 mars dernier. Des erreurs stratégiques et de la rétention d’information seraient à l’origine de cet incident qualifié de regrettable par le président du conseil supérieur de la police nationale.
Plus de deux semaines après la mort tragique des policiers à Village de Dieu, le premier ministre, Joseph Jouthe, a reconnu l’existence d’une faille dans l’opération qui a viré au cauchemar. Il parle notamment d’erreurs stratégiques et de rétention d’information. « Que ce soit concernant les informations disponibles, sur le plan tactique et d’intelligence… Toutes les conditions étaient réunies pour la réussite de l’opération. Car, l’opération a été très bien planifiée au point d’en garantir un très fort pourcentage de réussite. Cependant, des erreurs d’ordre stratégique, de la rétention d’information, le non-respect de certaines consignes et des ordres qui n’ont pas été passés à temps ont provoqué l’échec de l’opération… », a déclaré le chef du CSPN qui dit disposer d’un rapport de la Police Nationale sur le dossier. Il confirme que les secours ne sont pas arrivés à temps.
Ce drame ne doit occasionner aucun prétexte politique, de l’avis du président du conseil supérieur de la police nationale qui explique que : « les ordres n’ayant pas été donnés à temps, pour des raisons que je me garde de citer, les policiers se sont fait prendre dans un guet-apens ». Le chef du gouvernement donne la garantie qu’il n’a l’intention de couvrir les arrières de personne dans ce dossier. Il invite, en ce sens, la direction centrale de la police judiciaire à aller au bout de son enquête afin que toute la lumière soit faite sur ce dossier de manière à fixer les responsabilités.
L’inspecteur général Carl-Henry Boucher, placé en isolement à l’inspection générale de la PNH, est la seule personnalité épinglée pour le moment dans le cadre de cette affaire. Pas moins de 5 policiers du SWAT TEAM et de la BOID ont péri au cours de cette opération ratée. Leurs dépouilles qui auraient été inhumées au village de Dieu n’ont, jusqu’ici pas été récupérées en dépit des promesses faites par les plus hautes autorités du pays dont le président Jovenel Moise.
Joseph Jouthe dit vouloir transformer cette situation en opportunité pour renforcer l’institution policière, affaiblie par des luttes intestines. D’un autre coté, le patron de la primature a fait part de son amertume concernant le comportement des policiers de Fantom 509, qui ont libéré plusieurs de leurs frères d’armes emprisonnés lors de leurs derniers mouvements. Il a appelé les policiers à la rationalité rappelant à ces derniers la mission de la PNH de protéger et servir la population
Le premier ministre est revenu également sur la décision de son gouvernement d’interdire le dédouanement des effets personnels dans les ports autres que ceux de Port-au-Prince et du Cap Haïtien, déplorant l’attitude de ceux qui protestent contre cette mesure à Saint-Marc. Le numéro 2 de l’Executif en impute la responsabilité à ceux qui importent des armes à feu et des munitions dans le pays, mettant clairement en cause des proches du pouvoir. Il a réitéré sa volonté de combattre l’insécurité.
Joseph Jouthe n'entend pas non plus revenir sur sa décision d’interdire la circulation des véhicules aux vitres teintées, lançant une mise en garde à ses détracteurs. Le secrétaire général du Conseil des Ministres et conseiller du chef de l'État, Renald Luberice, on s’en souvient, avait publiquement critiqué cette mesure. Suite à cette sortie, on rapporte que ce dernier aurait été sévèrement recadré en plein conseil des ministres par le chef du gouvernement. Il faut le reconnaiitre, depuis l'adoption de cette mesure, le phénomène du kidnapping a considérablement chuté dans le pays même si beaucoup reste à faire pour l'éradiquer.
Par Diego O. Charles
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