À l'appel de plusieurs organisations de la société civile dont la Commission protestante contre la dictature en Haïti (CPCDH), et des partis politiques de l'opposition, plusieurs milliers de personnes ont marché dans les rues de Port-au-Prince ce dimanche 28 mars 2021, pour réclamer le départ de Jovenel Moïse du pouvoir qu’ils qualifient de dictateur et dire non à son projet de nouvelle constitution.
Au carrefour de l’aéroport, l’un des principaux chefs de file de la CPCDH, Pasteur Forges a invité ses frères et sœurs chrétiens ainsi que la population dans son ensemble à rallier la cause de « de tout le peuple haïtien», celle d'exiger le départ de Jovenel Moïse du pouvoir pour empêcher une éventuelle dictature dans le pays.
« Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans un pays où les droits des citoyens sont violés au quotidien, nous en avons marre de l’insécurité et du kidnapping, voilà pourquoi nous les protestants et d'autres organisations de la société civile, sommes dans les rues aujourd'hui», a lâché l’homme de Dieu.
Pour sa part, le Pasteur Gérald Bataille, également leader de la Commission protestant, brandissant un manuel de la constitution de 1987 comme pour prouver son attachement à celle-ci, a exhorté la communauté internationale à mettre fin à son ingérence dans la politique en Haïti et à son support au régime en place.
Il a affirmé avoir brandi le manuel de la constitution pour demander à Jovenel Moïse de respecter la loi mère qui, a-t-il indiqué, a fixé la fin de son mandat depuis le 7 février 2021 dernier mais aussi pour dire non au projet de changement constitutionnel.
De son côté, Jean Robert Argant du collectif 4 décembre, a invité Jovenel Moïse à tirer sa révérence parce que « sont mandat est bel et bien terminé selon l'article 134-2 de la constitution de 1987 amendée ».
Le responsable du collectif a également affirmé que « le projet de référendum du pouvoir visant à doter le pays d'une nouvelle constitution est fortement illégal, selon l'article 284-3 de la constitution de 1987 qui interdit tout changement par voie référendaire. »
Lors de cette marche, un groupe de jeunes a retenu l'attention. Ces jeunes, faisant parti d'un collectif de cyber activistes nommé « Vwa Rezo Yo » ont brandi des pancartes avec le hashtag #Freehaiti pour exprimer leur opposition au régime en place et dénoncer ses dérives.
Ramana Senatus, la porte-parole de «Vwa Rezo Yo » a dénoncé « les velléités dictatoriales de Jovenel Moïse et sa volonté de vouloir changer la constitution ».
Me. Calèbe Jean Baptiste présent dans la marche s’est prononcé contre l'arrestation, qu'il juge arbitraire du Porte-parole du syndicat de la PNH, Abdelson Grosnègres. Selon lui, cette arrestation prouve « la volonté de Jovenel Moïse de persécuter tous ceux qui s'opposent à son pouvoir. »
Plusieurs personnalités politiques ont participé à la manifestation. C’est le cas du leader de Pitit Dessalines, Moïse Jean Charles, Serge Jean Louis du FND, l'ancien sénateur Steeven Benoît, entre autres.
Présent sur presque tout le parcours de la marche, arrivé sur la place de la constitution au Champ-de-Mars, Moïse Jean Charles, a vanté la réussite de la journée de mobilisation et invité la population à rester mobilisée pour forcer Jovenel Moïse à quitter le pouvoir et l’empêcher de changer la constitution car il est, selon lui, « illégitime ».
Réagissant sur la volonté exprimée par la Russie d’aider à rétablir la sécurité en Haïti, Moïse Jean Charles a fait savoir que « ceux qui s'opposent à l'appui du pays de Vladimir Poutine sont au service de la bourgeoisie et de l'ambassade américaine et des dealers de drogue. »
Selon Moïse Jean Charles, le pays ne doit refuser aucune offre visant à soulager la population.
La coordonatrice de Fanmi Lavalas, le Dr Maryse Narcisse a payé de sa présence lors de cette journée de mobilisation. Elle a appelé la population à se mettre debout pour faire échec aux projets du pouvoir PHTK.
Gérald Gilles, dirigeant du parti NOULA se référant au mouvement « Black Lives Mater » a demandé à l'international de respecter les droits des Haïtiens qui, a-t-il indiqué, luttent pour leur autodétermination. Il a rebaptisé la mobilisation de « Haitian lives mater ». Son combat n'est pas seulement contre la personne de Jovenel Moïse mais aussi contre tous ceux qui font obstacle au progrès du vaillant peuple haïtien, a-t-il précisé.
L’animateur vedette de l’émission « Ranmase » sur Caraïbes FM » était aussi remarqué dans cette marche.
Par Kervens A. Paul
- Log in to post comments


