PubGazetteHaiti202005

Haïti-Le film de la journée du 28 mars : des milliers de manifestants dans les rues pour dire « non à la dictature et au référendum »

La foule à Delmas

Ils étaient plusieurs milliers de citoyens à répondre à l'appel de la société civile et des acteurs politiques à marcher « contre l’instauration de la dictature et le projet de référendum », ce dimanche, à la veille du 29 mars, date marquant le 34e anniversaire de l'entrée en vigeur de la Constitution de 1987. Des manifestants du groupe Petrochallengeur s'en sont pris à des affiches publicitaires sur le référendum.


Le décor n'a pas pris de temps pour être planté à travers les rues de la capitale ce dimanche avec des pneus enflammés dressés sur la chaussée dans plusieurs endroits. Les activités commerciales ainsi que le transport en commun étaient au point mort. 


Au Champ-de-Mars et au carrefour de l'aéroport, les deux branches se mobilisaient pour donner une réponse « à la velléité du locataire du palais national Jovenel Moïse de changer la Constitution par voie référendaire. »


Il est 11h30, la foule longe Lalue pour rejoindre l'autre branche. Les militants les plus zélés casse des tréteaux sur leur chemin et les balance dans la rue. 

Sur l'autoroute de Delmas, des manifestants ont mis le feu dans des piles d'immondices. La foule est divisée en plusieurs groupes. Un groupe de rara, crée une scène de liesse dans la foule. 


"Non non nou pa prale, si pou nou ale nan eleksyon fòk Jovenel al nan prizon", chantent les manifestants emballés.

"Le kidnappeur qui se trouve au palais national doit se déguerpir", martèlent les manifestants s'adressant à Jovenel Moïse dont le mandat constitutionnel arrive à terme le 7 février 2021 selon la Constitution de 1987. 

 

Des acteurs politiques et anciens parlementaires dont Steevenson Benoît, Jean-Charles Moïse, Abel Descollines et membres de la société civile ont foulé le macadam aux côtés des milliers membres de la population à la veille du 29 mars 1987. Patrice Dumont, sénateur en fonction n'a pas manqué au rendez-vous. Maryse Narcisse a été la grande surprise de la marche. 

Les manifestants brandissent le bicolore haïtien et des exemplaires de la Constitution de 1987 tout au long du parcours. 


Des femmes de plus en plus remarquées dans la manifestation. Certaines y sont pour s'amuser, d'autres pour crier contre le kidnapping et la mauvaise gouvernance. 

Dans des pancartes, on peut lire divers messages contre le pouvoir en place et qui n'épargnent pas la communauté internationale. "Jovenel Moïse terroriste ;  Vive une Haïti socialiste ;  Justice pour toutes les victimes ;  Haïti a besoin d'une bonne relation avec la Chine et la Russie. L'ONU + PHTK + OEA= la misère". 

 

 

Outre le bicolore haïtien, des drapeaux noirs et rouges flottent sur le parcours. Certains manifestants s’affichent avec le tricolore russe comme pour demander de l'aide au pays de Vladimir Poutine. 


Arpentant la route de Bourdon pour se rendre sur la place de la Constitution, là ou le message final devait être délivré, des manifestants, rouges de colère au projet de référendum, s'en sont pris aux billboards faisant la promotion pour une nouvelle Constitution. 


Des manifestants plus paisibles calmaient, à leur manière, les nerfs des manifestants zélés qui essaiyaient d'intimider les policiers. 


Après le message final délivré sur la place de la Constitution, des policiers ont repris le contrôle du Champ-de-Mars à coup de gaz lacrymogène, bombardant tout le monde sans exception. 


Deux autres journées de mobilisation sont prévues lundi 29 mars et 30 mars dans le pays pour le respect de la Constitution et contre la dictature.

 

 

 

Par Michel Césaire

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