Invité de l’émission Le Rendez-Vous animée par Volcy Assad, l’avocat et homme politique André Michel, leader de l’accord du 21 décembre, s’est montré particulièrement pessimiste quant à la possibilité de dégager un consensus politique pour la gouvernance du pays à l’approche du 7 février. Selon lui, « sauf miracle, le pouvoir sera remis au Conseil des ministres sous la présidence d’Alix Didier Fils-Aimé ».
C’est un André Michel visiblement pessimiste qui est intervenu sur le plateau de l’émission. Un pessimisme qu’il affirme avoir déjà exprimé la veille, lors d’une réunion avec la CARICOM. « J’ai pris la parole pour dire qu’à ce stade, il n’existe aucun consensus pour remplacer le Conseil présidentiel de transition », a-t-il rapporté, déplorant l’incapacité des acteurs politiques à s’entendre sur une formule de sortie de crise, malgré les multiples propositions avancées.
Plusieurs secteurs, a-t-il rappelé, plaident pour une remise du pouvoir à la Cour de cassation, à travers son président Jean Joseph Lebrun, une option notamment défendue par l’ancien sénateur Jean-Renel Sénatus. D’autres évoquent la mise en place d’un triumvirat ou encore la désignation d’une personnalité issue de la société civile ou la classe politique pour diriger le pays. Autant de pistes qui, selon Me André Michel, n’ont toutefois suscité aucun consensus, même minimal.
Sur la base de sa foi chrétienne, l’avocat estime sur un ton quelque peu ironique qu’« il faudrait seulement un miracle » pour parvenir à un accord, aussi limité soit-il. Face à cette impasse politique, la CARICOM a indiqué, lors de la réunion tenue la veille, selon André Michel, que « si aucune solution n’émerge d’ici samedi, le Conseil des ministres prendra en charge la gestion du pays ».
Me André Michel a néanmoins tenu à apporter une précision importante : la CARICOM n’a jamais affirmé qu’Alix Didier Fils-Aimé dirigerait le pays jusqu’aux prochaines élections, contrairement à ce que laissent entendre certaines informations relayées dans les médias.
Dans une situation où aucun accord politique ne se dessine et où le temps presse, Me André Michel estime qu’il est matériellement impossible de parvenir à un consensus avant l’échéance. Dès lors, soutient-il, le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, doit assurer la continuité de l’État, « car il ne peut y avoir de vide institutionnel au sommet du pouvoir ».
Reconnaissant sa part de responsabilité dans la difficulté de trouver un consensus, l’ex supporteur du pouvoir de l’ex premier ministre Ariel Henry, qui fait partie des acteurs régulièrement impliqués dans les négociations politiques, admet que l’échec actuel du consensus engage également ceux qui, comme lui, participent à la recherche de solutions de gouvernance.
L’avocat n’a pas manqué de critiquer sévèrement les membres du Conseil présidentiel de transition qui, selon lui, ont tout tenté pour imposer une nouvelle formule de conseil présidentiel. Il a notamment fustigé les assises organisées sur plusieurs jours, suivies de deux journées durant lesquelles des candidats ont défilé, cartables en main, pour déposer leurs dossiers aux postes de président et de Premier ministre. Un « spectacle honteux », voire « pathétique », estime-t-il, indigne de la situation que traverse le pays.
Me André Michel s’en est également pris à certaines personnalités publiques ayant, selon lui, contribué à cette mise en scène politique en venant déposer leur candidature. « On ne peut pas offrir cela au pays », a-t-il lancé.
Évoquant la journée du 7 février, André Michel estime que Laurent Saint-Cyr constatera l’absence de consensus, tant au sein du Conseil présidentiel de transition que dans la classe politique, avant de remettre le pouvoir au Premier ministre.
Par: Daniel Jean
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