PubGazetteHaiti202005

Affaire BNC : Pitit Desalin et RED critiquent le rapport de l'ULCC et refusent de lâcher leur représentant au CPT

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Les structures politiques Pitit Desalin et RED ont conjointement dénoncé le rapport de l'Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) concernant le scandale de corruption présumée impliquant trois membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) dans une note le mercredi 3 octobre. Le rapport de l'ULCC, publié récemment, accuse Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles, trois Conseillers Présidentiels, de corruption passive.

Selon Pitit Desalin et RED, ce rapport, très attendu par l'opinion publique, est une tentative de discréditer le Conseil Présidentiel de Transition sans fournir d'éléments probants. Ils critiquent le fait que l’ULCC, plutôt que d’étayer ses accusations par des faits vérifiables, s’est appuyée sur « des arguments flous et non fondés »

Pitit Desalin et RED rappellent que la plainte de Raoul Pierre-Louis portait sur une demande de 100 millions de gourdes que lui auraient formulée les Conseillers Gérald Gilles, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire. « Ne disposant pas de preuve pour sacrifier sur cette base les Conseiller-Présidents, l’Unité de Lutte Contre la Corruption, manifestement en
mission politique commandée, s’est basée sur l’octroi de cartes de crédit pour
accuser les Conseillers-Président de corruption passive en considérant que la carte de crédit est un pot-de-vin », analysent les deux structures politiques.


Les deux structures dénoncent d'abord une incohérence dans la chronologie des événements. Selon elles, le rapport indique que les cartes de crédit de Smith Augustin et de Lonick Léandre « ont été émises le 15 mai 2024, soit dix jours avant la réunion du 25 mai où les prétendues négociations auraient eu lieu. Cela remet en question le lien entre l’émission de ces cartes et les allégations de corruption ».

De plus, selon les structures, le dîner mentionné dans le rapport, organisé le 2 juin 2024, ne pourrait en aucun cas être perçu comme le moment où Raoul Pierre-Louis aurait proposé une carte de crédit de 20 000 USD en échange de sa reconduction, puisque la carte avait déjà été émise en mai, et son montant réel n’était que de 1,8 million de gourdes, soit environ 13 000 USD. 

Les signataires accusent également l'ULCC d’avoir manipulé le taux de change pour faire correspondre les faits à ses conclusions, en le fixant à 90 gourdes pour 1 USD, alors qu'il était en réalité de 132,54 gourdes à la date des événements.

Le rapport d’enquête est également critiqué pour son absence de preuves tangibles concernant la supposée demande de 100 millions de gourdes. Bien que Raoul Pierre-Louis ait affirmé avoir reçu cette demande, le rapport, selon RED et Pitit Desaline, ne présente aucun élément concret corroborant cette accusation. 

Ces structures évoquent aussi les contradictions dans les témoignages des différents protagonistes, notamment Lonick Léandre et Raoul Pierre-Louis, qui diffèrent sur leur présence et la nature des discussions. Ces contradictions, selon les structures, jettent un doute supplémentaire sur la solidité des conclusions de l’ULCC.

Les pratiques administratives internes de la BNC, comme l’émission de cartes de crédit, n'ont pas non plus été suffisamment prises en compte, d’après RED et Pitit Desalin qui estiment que ces procédures auraient dû être mieux étayées. 

Pitit Desalin et RED considèrent donc que ce rapport est marqué par des faiblesses méthodologiques. Elles jugent qu’il s’agit d’une manœuvre politique visant à discréditer le Conseil Présidentiel de Transition. Elles estiment que l’ULCC a été utilisée comme un outil de persécution politique par des forces cherchant à saper la crédibilité du CPT. 

Malgré les accusations portées contre leur représentant, les deux structures politiques réaffirment leur confiance en Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles, « tant que des preuves irréfutables de leur culpabilité n’auront pas été fournies ».

 

 


Par: Daniel Zéphyr

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