PubGazetteHaiti202005

Claude Joseph invite Mirlande Manigat à accompagner toute démarche «visant à combler le vacuum politique qui aura lieu à partir du 7 février 2024»

Claude Joseph ex PM, leader de EDE

L’opposition politique a saisi au bond les déclarations de Myrlande Manigat faites au micro d’un journaliste de Radio Kiskeya au sujet de la date du 7 février 2024, devant marquer « la fin de la période de transition dirigée par Monsieur Ariel Henry ». 

Dans une correspondance ce vendredi 3 novembre 2023, le président du conseil stratégique de EDE Claude Joseph a salué cette intervention et invite la présidente du Haut conseil de transition, « en vertu de sa responsabilité, à accompagner toute démarche visant à combler le vacuum politique qui aura lieu à partir du 7 février 2024 ».


C’est une intervention qui a enflammé la toile.  Sur Radio Kiskeya, la présidente du Haut conseil de transition ( HTC), Myrlande Manigat a critiqué le premier ministre Ariel Henry de n’avoir pris « aucune disposition pour la prise de fonction d’un président élu le 7 février 2024 ».

Cette déclaration met de l’eau au moulin de l’opposition dans son objectif de déloger Ariel Henry à la Primature, conformément, selon elle, aux prescrits de l’accord du 21 décembre. Selon l’opposition, ce document publié dans le jpurnal officiel du pays Le Moniteur met au 7 février 2024, la fin de la transition dirigée par le premier ministre Henry.

Le leader du parti EDE, Claude Joseph, membre du front uni, a sauté sur l’occasion pour saluer l’intervention de l’ancienne première dame de la République qui, écrit-il, « a eu le courage d’admettre publiquement, à l’occasion de (son) interview diffusée le 1er novembre 2023 sur les ondes de Radio Kiskeya, la fin, en date du 7 février 2024, de la période de transition dirigée par Monsieur Ariel Henry. »

Cette prise de position correspond, soutient Claude Joseph, « à une interprétation sincère et indiscutable de l’article 20 du « Consensus National Pour une Transition Inclusive et des Élections Transparentes » du 21 décembre 2022, qui dispose que les signataires du Consensus conviennent que la période de la transition englobera les nouvelles élections générales qui se tiendront en 2023 et l’entrée en fonction d’un Gouvernement nouvellement élu le 7 février 2024. »


Pour l’ancien premier ministre, la déclaration de Mirlande Manigat n’est autre que son « attachement au respect des dispositions de l’accord mais aussi sa fidélité aux grands principes politico-juridiques ».

Dans son intervention Mirlande Manigat a surtout fait remarquer que des retards considérables ont été enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord du 21 décembre 2022 pour l’organisation des élections et la prise de fonction d’un président élu.

« Vous voudrez bien noter que ces retards sont la conséquence logique de l’inaction totale de Ariel Henry par rapport aux exigences de l’Accord du 21 décembre 2022 et de son indifférence flagrante face à la détresse haïtienne. Ils sont également le résultat du choix du Premier Ministre de facto de n’avoir jamais créé les conditions politiques et de sécurité nécessaires à l’organisation des élections ni en 2022 ni en 2023. Ayant dépouillé ledit Accord de sa substance et de son autorité avant même l’échéance fatidique du 7 février 2024, ces atermoiements participent aussi des calculs machiavéliques de Ariel Henry pour étendre le plus longtemps possible la durée de son inique pouvoir de transition dont le bilan constitue une catastrophe innommable, un recul historique pour la nation haïtienne et un fardeau pour les générations présentes et à venir », écrit Claude Joseph pour expliquer le pourquoi de ce comportement de Ariel Henry.


Dans cette lettre, l’ex chancelier haïtien a critiqué le comportement de Ariel Henry vis-à-vis du Haut Conseil de la Transition qui, rappelle-t-il, avait à l’épauler dans différents domaines comme la réforme dans l’administration publique, la mise en place du Conseil Électoral Provisoire et la révision de la Constitution. Mais, selon Claude Joseph, beaucoup d’actions ont été entreprises à l’insu du HCT.

« Or, à ma connaissance, le HCT n’a pas participé aux importantes nominations que le Gouvernement de facto a récemment effectuées à la Banque de la République d’Haïti, à l’Office National d’Assurance-Vieillesse et à l’Autorité Aéroportuaire Nationale. De plus, le HCT n’a été associé à aucune démarche visant le remaniement du gouvernement. Le HCT n’est non plus impliqué dans aucune initiative qui concernerait la mise en branle du processus électoral. Ce ne sont là que des illustrations du non-respect manifeste des attributions du HCT, ce qui met également en lumière la volonté de Ariel Henry de le marginaliser », affirme Claude Joseph qui demande à Mirlande Manigat « de continuer à faire montre du sens de l’histoire et à (se) mettre du côté du droit et des principes ».

« En votre qualité de Présidente d’une institution étatique dont l’espérance de vie dépasse certainement celle du gouvernement de facto de Ariel Henry, vous êtes investie de la responsabilité morale, politique et historique de garder la ligne que vous avez tracée lors de cette déclaration sur les ondes de Radio Kiskeya, de ne cautionner aucune initiative politicienne ayant pour but d’aider Ariel Henry à se perpétuer illégalement et illégitimement au pouvoir, mais d’accompagner toute dynamique politique sincère et patriotique visant à combler le vacuum politique qui aura lieu à partir du 7 février 2024 », écrit Claude Joseph s’adressant à Mirlande Manigat.

Par: Daniel Zéphyr

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