Dans une vidéo publiée sur les canaux officiels de l’ambassade des États-Unis en Haïti ce lundi, le chargé d’affaires a.i Eric Stromayer a préconisé l’élargissement de l’accord du 21 décembre et un retour à l’ordre démocratique pour ôter Haïti du bourbier dans lequel il patauge. Le diplomate a par ailleurs salué le vote du conseil de sécurité de l’ONU du 2 octobre autorisant le déploiement d’une force multinationale en Haïti.
C’est un message qui avait un focus sur la mission multinationale de soutien à la sécurité qui doit être déployée dans le pays. Toutefois, à la fin de son intervention, le diplomate a préconisé un élargissement de l’accord du 21 décembre supporté par les alliés du premier minis Ariel Henry et un retour à l’ordre démocratique.
Alors que les États-Unis soutiennent avec ardeur le déploiement de la mission multinationale de soutien à la sécurité devant faciliter un retour à la normale, le diplomate indique que les USA mettent la priorité sur « une solution politique trouvée par les Haïtiens ».
Cette solution politique, selon le chargé d’affaires américain en Haïti Eric William Stromayer, doit être basée « sur un consensus pour rétablir l’ordre démocratique en Haïti. ». « Les États-Unis renouvellent son appel à tous les acteurs politiques pour leur demander d’élargir l’accord politique (21 décembre) et rétablir l’ordre démocratique dans le pays », déclare Eric Stromayer dans ce message.
Le rétablissement de l’ordre démocratique doit passer par l’organisation d’élections libres, honnêtes et démocratiques dans le pays. Cette initiative est, elle aussi, tributaire d’un climat sécuritaire serein et propice à un tel chantier. La mission multinationale à cette responsabilité de ramener l’ordre et de la sécurité. Selon le diplomate, cette mission ne sera pas là pour supporter un leader politique ou un parti politique.
Le chargé d’affaires estime que la majorité des Haïtiens estiment que le déploiement de cette mission multinationale est nécessaire pour sortir de la situation actuelle. Le diplomate précise que la mission de cette force sera de soutenir le peuple haïtien qui fait face à des actes de violences en travaillant avec la Police Nationale d’Haïti.
« Cette mission va améliorer la capacité de la PNH pour faire face aux actes de violences généralisées comme les homicides, viols, agressions sexuelles sur femmes et enfants, recrutement de mineurs et autres formes de violences », déclare Stromayer, estimant qu’il est nécessaire de combattre l’insécurité « afin de créer des conditions pour la stabilité et le développement durable. »
Pour tenter de rassurer le peuple haïtien sur le bon déroulement de la mission, Eric Stromayer soutient que les États-Unis et l’Organisation des Nations Unies ont tiré leçon du passé en ce qui a trait aux forces internationales. C’est pourquoi, avance le diplomate, que plusieurs dispositions ont été insérées dans la résolution pour que les gens qui auront à commettre les violations de droits humains puissent assumer leurs responsabilités.
« La résolution demande clairement la création d’une série de mécanismes pour prévenir, enquêter, combattre et rapporter publiquement tous les cas de violations ou abus comme exploitation sexuelle et d’autres abus. Il y a aussi des prévisions pour contrôler tout le personnel de la mission tout en faisant des formations avant et pendant le déploiement de la mission », détaille Stromayer, rappelant que les États-Unis s’engagent de soutenir financièrement cette mission.
Il n’y a toujours pas une date pour le déploiement de la mission multinationale en Haïti. L’initiative a été bloquée jusqu’à fin octobre par le parlement kenyan. Selon les informations, les premiers soldats devant être déployés sont déjà à l’entraînement.
Par: Daniel Zéphyr
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