PubGazetteHaiti202005

Haïti/RD/Conflit: Jocelerme Privert soutient le droit souverain d'Haïti d'utiliser les ressources de son territoire

Jocelerme Privert, ex président

Dans une note de conjoncture parue ce lundi 16 octobre 2023 et dont le journal détient une copie, l’ancien président de la République Jocelerme Privert a salué le courage de la population du Nord-Est pour avoir revendiqué son droit de faire une prise sur la rivière Massacre.  L’ancien président du sénat qui juge « inattendues et disproportionnées » les réactions dominicaines par rapport au projet, appelle les deux gouvernements au dialogue pour régler le différend. 

Sa réaction était attendue. Jocelerme Privert, 57e président de la République d’Haïti, a réagi dans une note de conjoncture sur le contentieux entre les deux pays partageant l'Ile. 

L’ancien chef d’Etat regrette que « La récente décision des populations du Nord-est de réclamer leurs droits légitimes d’utiliser les ressources hydriques de la rivière Massacre », ait été sujet à de telles réactions « inattendues et disproportionnées » du côté dominicain. 

« Il est indéniable que les deux peuples puissent profiter de cette ressource traversant leurs territoires respectifs, pour le développement de la production agricole de la région », estime  M. Privert.

L’ancien président de l’assemblée nationale croit que « les interventions du gouvernement haïtien que ce soit à la 78ème Assemblée Générale des Nations-Unies et à la réunion, tenue à cet effet, par le Conseil permanent de l’Organisation des Etats Américains (OEA) ou encore au conseil permanent de de même que les efforts des populations du Nord-Est doivent être encouragés et appuyés par tout patriote, motivé par le souci du bien-être collectif, peu importe son appartenance politique ».

Jocelerme Privert critique par ailleurs avec véhémence les prises de position de certains acteurs politiques qui, selon lui, sont loin d'être le meilleur moyen pour se solidariser avec la population de Ouanaminthe, défendre les intérêts du pays ou encore « forcer la diplomatie à agir selon les règles du jeu. »

Pour mettre fin à ce contentieux « inutile et injustifiable », l’ancien président Jocelerme Privert appelle les gouvernements des deux pays à prendre le chemin du dialogue. « Les Gouvernements passent et partent avec leurs projets et leurs rêves. Par contre, les peuples haïtiens et dominicains sont condamnés à vivre ensemble et pacifiquement sur cette terre qu'ils partagent en commun », déclare-t-il, en dénonçant « une vaste campagne de dénigrements et de manipulations de l’opinion publique par certains acteurs à la recherche de visibilité politique ».


Sur la mission multinationale 

A côté de la tension diplomatique, Jocelerme Privert a donné son avis sur le feu vert accordé par le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies au déploiement d'une Mission Multinationale d'Appui à la Sécurité pour Haïti; une initiative qui fait encore débat dans la société haïtienne.


Bien qu’il comprend les réticences constatées en Haïti, Jocelerme Privert soutient la mission, évoquant la faiblesse de la Police Nationale d’Haïti à faire face à la situation sécuritaire constatée à Port-au-Prince et d’autres villes de province.

« Les réticences des uns et des autres quant à l’arrivée sur notre sol, en moins de trente ans, de nouvelles forces militaires internationales et pour les mêmes causes et motifs sont plus que légitimes, écrit-il. Il reste néanmoins indéniable que les forces nationales de sécurité, en dépit de la bonne volonté de leurs membres et du Gouvernement pour les doter de matériels et équipements nécessaires, sont incapables  à elles seules de mettre un terme à la terreur des gangs armés », est persuadé l’ancien chef d’Etat. 

 

« Le peuple haïtien paie déjà un assez lourd tribut pour cette insécurité galopante et généralisée. Leur quotidien est fait de meurtres en cascade, d'enlèvements et de séquestrations contre rançons, de vols, de pillages, d'incendies des biens de paisibles citoyens et de milliers de réfugiés et déplacés internes. Nous ne devons plus continuer, à nous complaire dans cette forme de nationalisme de façade, à refuser une assistance étrangère en la matière », soutient Privert.

Sur les élections 

La résolution de la crise passe aussi par la tenue d’élections libres, honnêtes et démocratiques dans le pays pour la prise de fonction d’un président élu et le renouvellement du personnel politique. Jocelerme Privert croit qu’il faut organiser des élections générales dans le pays au plus vite pour mettre fin à cette transition qui, selon lui, « donne l’impression de s’installer dans le temps » mais aussi pour le retour à la stabilité politique.

« Les dernières élections, tenues dans le pays, datent de 2016. Les droits du peuple haïtien de choisir librement ses dirigeants à travers un processus électoral régulier, tel qu'il l'a affirmé et exprimé à travers le vote par voie référendaire de la Constitution de 1987, ont été systématiquement violés au cours des treize dernières années. Les différentes crises politiques que le pays a connues au cours des vingt-quatre (24) dernières années, ont été toutes des crises électorales. C'est à bien des égards le résultat du non-respect par les autorités élues des principaux échéanciers électoraux pour le renouvellement du personnel politique. Les gouvernements, qui se sont succédé à la tête du pays, de 2011 à 2023, n'ont organisé qu'une compétition électorale (2015-2016) sur les sept prévues pour la même période, selon les échéanciers électoraux établis par la loi-mère », rappelle le 57e président d’Haïti. 

Toutefois, avant la tenue de ces joutes électorales censées tirer le pays de cette situation catastrophique, Jocelerme Privert préconise la révision ou la réforme de la constitution. « Toute élection tenue, sous l'empire de la Constitution en vigueur produira les mêmes crises que celles que nous connaissons aujourd'hui ! La révision ou la réforme de la Constitution, ne serait-ce que pour harmoniser la durée des mandats des élus et le temps constitutionnel, s'impose avant même la tenue de toutes nouvelles élections », indique l’ex dirigeant du pays. 

Cette note de conjoncture de l’ancien président Jocelerme Privert survient la veille de la commémoration de la mort de Jean Jacques Dessalines où il croit au’ « il est incontournable de réfléchir sur le rêve persistant » du Père de la nation. « Son aspiration à voir une Haïti libre, indépendante, prospère et unie demeure un appel profond à notre conscience collective ». 

 

Crise Politique 

Sur la situation générale du pays, Jocelerme Privert, « fidèle à sa conviction et son élan patriotique avéré, une fois encore, élève sa voie et exhorte les uns et les autres à un sursaut patriotique pour sortir le pays de ce chaos. Il les exhorte à s’engager dans la recherche de la paix, de la sécurité et de la stabilité pour redonner espoir à la jeunesse et à nos concitoyens et concitoyennes en général ». 

Selon son constat, «  L’heure est grave » et Le tableau est pour le moins sombre ». M. Privert croit que « L’urgence d’une entente patriotique entre les principaux protagonistes politiques et le Gouvernement de la République ne peut plus attendre ».  « L’unité a permis à nos ancêtres de briser les chaines et nous donner ce pays en héritage. Il nous faut retrouver cette même unité pour sortir de cette impasse et attaquer les vrais défis qui nous attendent », écrit l’ancien président Privert.

 

 


Par: Daniel Zéphyr

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