PubGazetteHaiti202005

L’ONU prend ses distances avec la demande de médiation de « Lanmò San Jou » et clarifie le statut des militaires salvadoriens

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Dans des déclarations rendues publiques les 30 octobre et 2 novembre 2026, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a pris ses distances avec la demande de médiation formulée par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », chef du gang « 400 Mawozo », tout en apportant des précisions sur le déploiement de plus de 2 000 militaires salvadoriens annoncé par le président Nayib Bukele.

 

L’ONU a tenu à clarifier sa position concernant la démarche entreprise par le chef de cette organisation criminelle et le cadre d’intervention des renforts salvadoriens sur le territoire haïtien. Elle précise notamment que la réception de la correspondance ne constitue pas une approbation de son contenu et que la majorité des nouveaux militaires ne relève pas de son mandat de soutien.

« C’est une démarche pour le moins inhabituelle. Wilson Joseph, l’un des chefs de gang les plus redoutés d’Haïti, a adressé une lettre au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, pour réclamer l’ouverture d’un dialogue avec les forces internationales présentes dans le pays », rapporte l’organisation.

Le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, a confirmé la réception de cette correspondance, tout en précisant que celle-ci n’engageait nullement les Nations Unies.

La réception d’une telle lettre ne constitue ni une approbation de son contenu, ni une reconnaissance de son auteur, ni une prise de position de l’organisation, a-t-il souligné.

L’ONU apporte des précisions sur le déploiement des soldats salvadoriens

À la suite de l’annonce de l’envoi de plus de 2 000 militaires salvadoriens, l’ONU a indiqué que la grande majorité de ces renforts ne relevait pas de la Force de Répression des Gangs (FRG), une mission multinationale non onusienne autorisée par le Conseil de Sécurité.

Ces soldats échappent donc au mandat de soutien du Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti (UNSOH), la structure chargée de fournir une assistance logistique et opérationnelle à la FRG.

Cette situation soulève des interrogations quant au cadre d’intervention et aux mécanismes de supervision applicables à ces renforts étrangers.

Les Nations unies rappellent, par ailleurs, que toutes les opérations de sécurité, qu’elles soient menées par la FRG, les autorités haïtiennes ou leurs partenaires, doivent respecter le droit international, notamment les droits humains et le droit international humanitaire.

Le respect de ces obligations, ainsi que la transparence et l’obligation de rendre des comptes, demeure essentiel pour maintenir le soutien international et assurer la protection de la population, a insisté Stéphane Dujarric.

Après des années de violences, le chef de « 400 Mawozo » sollicite une médiation de l’ONU

La demande de médiation du chef de gang intervient dans un contexte marqué par l’arrivée de renforts salvadoriens en Haïti, après plusieurs années de violences attribuées à son organisation criminelle.

Dans une lettre adressée le 1er novembre au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, Wilson Joseph affirme avoir « hissé le drapeau blanc » depuis le 20 août dernier. Il sollicite notamment l’envoi d’une délégation internationale afin de faciliter un dialogue dans la Plaine du Cul-de-Sac.

Toutefois, le chef de gang fait l’objet de sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU en raison de son implication dans de graves actes de violence.

Il est notamment mis en cause dans des assassinats de policiers et de civils, des enlèvements, des détournements de véhicules et d’autres activités criminelles. Le dossier des sanctions internationales mentionne notamment l’assassinat d’un commissaire de police à Croix-des-Bouquets en 2022, ainsi que l’enlèvement, en octobre 2021, de 17 missionnaires étrangers et membres de leurs familles, dont cinq enfants.

Alors qu’il sollicite une médiation de l’ONU au nom de la paix, le chef de gang avait, dès les premières déclarations du président salvadorien, publié une vidéo dans laquelle il exhibait une importante quantité de munitions, affichant ainsi sa disposition à faire face à d’éventuels affrontements.

Entre-temps, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé, ce mardi 3 novembre, que les opérations menées contre les groupes armés sur le territoire haïtien se déroulaient sous la coordination du gouvernement.

Il a également évoqué le renforcement des effectifs de la FRG, avec l’arrivée de nouveaux contingents internationaux, notamment salvadoriens.

Des opérations impliquant des militaires salvadoriens ont été signalées le lundi 2 novembre dans la Plaine du Cul-de-Sac. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des soldats lourdement armés, déployés en position d’intervention sur le territoire haïtien.

Le président salvadorien a lui-même relayé, sur son compte X, l’une de ces séquences, initialement publiée par « Dènye Pawòl », accompagnée de la légende : « Men mesye Bukele yo atè ».

Cependant, aucun bilan officiel consolidé de ces interventions n’a encore été communiqué. Des informations non confirmées font état de la libération de plusieurs otages dans la Plaine du Cul-de-Sac.

 

 

 

Par Daniella Saint-Louis

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