Les États membres actifs de l’Organisation des États Américains (OEA) et son secrétaire général, Albert R. Ramdin, ont appelé, dans une déclaration conjointe publiée le 25 septembre 2026, au renouvellement du mandat de la Force de Répression des Gangs (FRG) en Haïti et à son déploiement complet.
Dans un compte rendu de cette déclaration, l’OEA souligne l’importance du renouvellement du mandat et du déploiement complet de la FRG dans les efforts visant à stabiliser Haïti.
Les signataires ont, en ce sens, appelé le Conseil de Sécurité des Nations Unies à renouveler le mandat de la Force et exhorté la Communauté internationale à fournir le personnel, le financement, les équipements et le soutien logistique nécessaires à son déploiement complet et durable.
Les 32 États membres ont aussi souligné la nécessité de mettre en œuvre la résolution AG/RES. 3051 (LVI-O/26) de l’Assemblée générale de l’OEA. Adoptée le 23 juin 2026, cette résolution vise principalement à organiser le soutien de l’organisation à Haïti, tout en veillant à ce que cette assistance demeure pilotée par Haïti et coordonnée avec les Nations Unies, la CARICOM et d’autres partenaires.
Le secrétaire général de l’OEA, Albert R. Ramdin, a exprimé son soutien à cette déclaration. « Nous devons honorer les aspirations du peuple haïtien en continuant à soutenir la FRG et le renouvellement de son mandat. La Force est présente sur le terrain et joue un rôle essentiel en aidant les autorités haïtiennes à reprendre le contrôle du territoire, à rétablir l’accès aux infrastructures critiques, à améliorer la sécurité publique et à créer l’environnement sécuritaire nécessaire au fonctionnement des institutions et à la tenue d’élections », a-t-il déclaré.
Albert R. Ramdin a toutefois souligné que le renouvellement du mandat ne saurait, à lui seul, garantir les résultats attendus. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser du personnel, des financements, des équipements, des moyens logistiques ainsi qu’un soutien politique durable.
Le représentant permanent d’Haïti auprès de l’OEA, Jean Josué Pierre, a pour sa part résumé le message porté par la déclaration : renouveler le mandat de la FRG, assurer son déploiement complet, renforcer les institutions de sécurité haïtiennes, protéger la population et créer les conditions permettant au pays d’avancer vers des élections crédibles et une stabilité durable.
Le président du Conseil permanent et représentant permanent de la Dominique auprès de l’OEA, Steve Ferrol, a indiqué que cette position commune témoigne de l’engagement des États membres en faveur de la paix, de la démocratie, des droits de la personne et de la dignité humaine en Haïti et dans l’ensemble de la région.
Les signataires ont insisté sur la nécessité de doter la FRG des moyens lui permettant de soutenir la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les Forces Armées d’Haïti (FAd’H), conformément à leurs mandats respectifs. Les priorités comprennent notamment le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones affectées par le contrôle des gangs, la sécurisation de l’accès à l’aéroport et au port, la réouverture des principaux axes de transport, la protection de la population ainsi que le maintien d’une présence permanente de la PNH sur les sites d’infrastructures stratégiques et dans les zones reprises aux gangs.
Les États membres précisent cependant que les opérations de la FRG et des institutions haïtiennes qu’elle soutient doivent respecter le droit international et les normes internationales applicables en matière de droits de la personne.
Ils plaident parallèlement en faveur des efforts de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, du rétablissement de l’accès humanitaire et des services publics ainsi que de l’élargissement des perspectives socio-économiques, particulièrement pour les jeunes Haïtiens.
La déclaration appelle en outre à renforcer les mesures nationales, régionales et internationales visant à prévenir le trafic illicite d’armes et de munitions vers Haïti, à démanteler les réseaux financiers et d’approvisionnement qui soutiennent les gangs armés et à traduire en justice les personnes qui financent ou fournissent un soutien matériel à leurs activités.
Sur le plan politique, les États membres estiment que les préparatifs électoraux doivent se poursuivre à mesure que les conditions de sécurité s’améliorent. Ils encouragent notamment le soutien à l’identification civile, à l’inscription des électeurs, à la logistique électorale ainsi qu’au déploiement d’une mission d’observation électorale de l’OEA.
Les signataires appellent enfin à une coordination étroite entre Haïti, l’OEA, les Nations Unies, la CARICOM et les autres partenaires. La feuille de route pour la stabilité et la paix en Haïti, facilitée par le secrétaire général de l’OEA, doit servir de cadre pour mieux aligner l’assistance internationale sur les priorités définies par les autorités et les acteurs nationaux.
Cette déclaration fait suite à la mission de haut niveau conduite en Haïti par Albert R. Ramdin du 16 au 19 août 2026. À son retour, le secrétaire général avait présenté au Conseil permanent de l’OEA une évaluation de la situation, identifiant la sécurité et les élections comme deux priorités urgentes et étroitement liées.
Dans le prolongement de cette mission, Albert R. Ramdin a également réuni, le 10 septembre, les observateurs permanents de l’OEA autour des initiatives prioritaires concernant Haïti. Il y avait notamment défendu la nécessité de faire progresser parallèlement la sécurité et les élections, tout en appelant à une assistance internationale produisant des résultats concrets et visibles pour la population haïtienne.
Par Daniella Saint-Louis
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