Devant les représentants des États membres des Nations Unies, le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a présenté, ce vendredi 25 septembre 2026, les principales urgences auxquelles le pays est confronté. À la tribune de la 81e Assemblée générale, il a mis l’accent sur la crise sécuritaire, le processus électoral, la souveraineté nationale et la relance économique, tout en appelant les partenaires internationaux à renforcer leur accompagnement des institutions haïtiennes.
La situation sécuritaire a occupé une place importante dans son intervention. Depuis plusieurs années, la violence des groupes armés bouleverse le quotidien de nombreuses familles et fragilise les institutions publiques. Les déplacements de population, les difficultés de circulation, la fermeture d’entreprises et l’interruption de certains services essentiels témoignent de l’ampleur de la crise.
Dans ce contexte, le chef du gouvernement a défendu le renforcement des capacités de la Police nationale d’Haïti et l’accompagnement international dans la lutte contre les groupes armés. Son intervention intervient alors que le déploiement de la Force de répression des gangs demeure au centre des discussions entre Haïti et ses partenaires.
La veille de son passage devant l’Assemblée générale, Fils-Aimé s’était entretenu avec le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Les deux responsables avaient notamment évoqué la situation en Haïti et les moyens d’intensifier la réponse internationale à la crise.
Le Premier ministre a toutefois présenté cette crise comme un problème dépassant les seules opérations de sécurité. Selon l’approche défendue par son gouvernement, le rétablissement de l’ordre doit s’accompagner du renforcement de la justice, du désarmement, de la réinsertion et d’investissements en faveur de la jeunesse afin de permettre aux institutions de reprendre progressivement leur place dans les communautés affectées par la violence.
Le processus électoral constitue un autre volet majeur de l’action gouvernementale. Les autorités poursuivent les préparatifs des élections annoncées pour le 13 décembre 2026, considérées par le gouvernement comme une étape importante vers le retour à l’ordre constitutionnel. Cette échéance reste toutefois étroitement tributaire des conditions sur le terrain, notamment dans les zones affectées par la violence et les déplacements de population.
Le Premier ministre a également insisté sur la souveraineté nationale. Tout en sollicitant la solidarité des partenaires étrangers, le gouvernement entend maintenir les institutions haïtiennes au centre de la réponse à la crise. L’assistance extérieure est ainsi présentée comme un moyen de renforcer les capacités nationales plutôt que de s’y substituer.
L’économie figure également parmi les priorités exposées par Fils-Aimé. Pour le gouvernement, la stabilisation du pays doit favoriser la reprise de l’activité économique, la création d’emplois et les investissements. La dégradation de la situation affecte en effet directement la circulation des marchandises, le fonctionnement des entreprises, les revenus des familles et, plus largement, les conditions de vie de la population.
Le chef du gouvernement a ainsi défendu une approche associant sécurité, développement économique et renforcement institutionnel. Durant son séjour à New York, il a multiplié les rencontres avec des responsables étrangers afin de mobiliser de nouveaux partenariats autour de ces priorités.
Au-delà des engagements exprimés à la tribune des Nations Unies, leur traduction sur le terrain demeure un enjeu majeur. Pour les populations touchées par la violence, les familles déplacées et les travailleurs confrontés aux difficultés économiques, les attentes portent avant tout sur des améliorations concrètes de leurs conditions de vie.
À New York, Fils-Aimé a ainsi présenté les principaux axes de l’action de son gouvernement : restaurer la sécurité, renforcer les institutions, poursuivre le processus électoral et favoriser la reprise économique. La portée de cette démarche se mesurera désormais à la capacité des autorités haïtiennes et de leurs partenaires à transformer ces orientations en résultats concrets.
Pour Haïti, la tribune des Nations Unies représente une occasion de faire entendre ses priorités. La portée de cette démarche se mesurera toutefois au-delà des discours diplomatiques, dans la capacité des autorités haïtiennes et de leurs partenaires à apporter des réponses concrètes à l’insécurité, aux déplacements de population, à la fragilité économique et à la crise institutionnelle.
Par Arnold Junior Pierre
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