PubGazetteHaiti202005

EDE et PAPA rejettent toute initiative visant à prolonger le CPT, la Jenès Kisa w Vle plaide pour un pacte de gouvernabilité dès le 8 février

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À l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), fixée au 7 février 2026, plusieurs organisations politiques et sociales haïtiennes montent au créneau contre les conclusions d’un dialogue politique tenu récemment à l’hôtel Montana. Ce dialogue, organisé sous les auspices de quatre conseillers présidentiels, Leslie Voltaire, Fritz Alphonse Jean, Louis Gérald Gilles et Edgard Leblanc Fils, visait, selon ses initiateurs, à dégager une formule consensuelle pour la gouvernance du pays après l’échéance du CPT. 

À l’issue des discussions, les conseillers présidentiels et certains acteurs politiques et sociaux se sont accordés sur la mise en place d’un nouveau Conseil présidentiel composé de trois membres : un représentant issu de l’actuel CPT, un membre de la Cour de cassation et un représentant de la société civile. Cette structure sera appuyée par un Premier ministre, consacrant ainsi un exécutif bicéphale. Une formule que plusieurs organisations perçoivent non pas comme une sortie de crise, mais comme une tentative déguisée de prolongation du CPT sous une autre forme.

Dans un communiqué publié le 3 février 2026, le parti Les Engagés pour le Développement (EDE) exprime une opposition ferme à toute initiative visant à maintenir, « en totalité ou en partie », l’actuel Conseil présidentiel de transition. Sans citer directement le dialogue de l’hôtel Montana, EDE estime que toute formule destinée à reconduire le CPT, même sous un nouvel habillage, constitue une diversion politique et une décision « nulle et non avenue ». Le parti considère que le CPT, largement décrié, illégitime et impopulaire, a gravement compromis une transition pensée pour apaiser les souffrances de la population.

EDE réaffirme par ailleurs sa position inscrite dans le Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, plaidant pour la mise en place d’un exécutif bicéphale, composé exclusivement d’un président et d’un Premier ministre. Le parti refuse de s’associer à toute démarche qui, selon lui, viserait à récompenser l’échec et la mauvaise gouvernance, et appelle les forces politiques et sociales à faire preuve de responsabilité afin de dégager une solution crédible, conforme aux aspirations de la population haïtienne.

La Plateforme Ayisyen Pou Ayiti (PAPA) adopte une posture similaire dans une note publiée le 4 février 2026. La plateforme rejette catégoriquement toute tentative de maintien du CPT au-delà du 7 février, estimant que les conclusions du dialogue de l’hôtel Montana s’inscrivent dans une logique de prolongation déguisée du mandat des conseillers présidentiels. Pour PAPA, la proposition d’un Conseil présidentiel à trois membres, incluant un représentant de l’actuel CPT, constitue une violation flagrante des engagements politiques pris. 

Dans son analyse, PAPA dresse un bilan sévère du fonctionnement du CPT, qu’elle juge responsable de l’enlisement et de l’aggravation des souffrances du peuple haïtien, déjà éprouvé par l’insécurité et la précarité. La plateforme estime que la poursuite de cette expérience, sous quelque forme que ce soit, affaiblirait davantage la confiance citoyenne et compromettrait toute sortie crédible de la crise. À l’instar d’EDE, PAPA réaffirme son attachement à un exécutif bicéphale limité à un président et un Premier ministre, seule option susceptible, selon elle, de restaurer la légitimité de l’État et d’engager une transition responsable.

Le mouvement Lajenès Kisa w Vle (LKV) se montre encore plus virulent dans sa note de presse. Il dénonce explicitement le dialogue tenu à l’hôtel Montana, qu’il qualifie de « parodie de dialogue » orchestrée par les quatre conseillers présidentiels précités. Pour LKV, ces assises relèvent d’un théâtre politique sans vision ni hauteur historique, visant à maintenir au pouvoir une structure arrivée à terme. Le mouvement rejette frontalement la formule d’un Conseil présidentiel à trois membres appuyé par un Premier ministre, qu’il considère comme une manœuvre de conservation du pouvoir.

Fidèle à sa position exprimée depuis novembre 2025, Lajenès Kisa w Vle soutient qu’il ne saurait y avoir aucun vide institutionnel après le 7 février, mais refuse toute reconduction, directe ou indirecte, du CPT. Le mouvement plaide pour une transition strictement encadrée, recentrée sur la sécurité, l’organisation d’élections crédibles et le rétablissement des services publics essentiels. Il appelle surtout, dès le 8 février, à la signature d’un pacte de gouvernabilité entre les acteurs politiques sérieux et la société civile.


Entre-temps, les États-Unis, eux aussi, jouent leur carte. Ce mercredi, l’ambassade américaine a fait une publication pour soutenir Alix Didier Fils-Aimé pour la gestion du pays après le 7 février 2026. Le Conseil Présidentiel de Transition n’a pas encore communiqué sur la situation. Pour l’instant, personne ne sait s’il y aura une cérémonie le 7 février prochain. 


Par : Daniel Jean

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