Un navire de guerre américain a été déployé au large de Port-au-Prince, tandis que deux patrouilleurs des garde-côtes américains assurent la surveillance maritime, selon un article publié ce mardi 3 février 2026 par Miami Herald.
La présence de l'United States Ship intervient alors que les tensions continuent de s'exacerber à l'approche du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition haïtien, composé de neuf membres. Bien que le Conseil ait accepté la fin de leur mandat et certains de ses membres l'ont publiquement annoncé, d'autres continuent de s'impliquer dans les plans de transition, malgré les avertissements des autorités américaines quant à la fin imminente de leur mandat.
L'USS Stockdale est un destroyer lance-missiles de la classe Arleigh Burke et fait désormais partie des nombreux navires de guerre déployés par l'administration Trump dans les Caraïbes. Sa conception robuste, associée à des systèmes de combat avancés, lui permet de remplir de multiples missions, notamment la lutte antiaérienne, anti-surface et anti-sous-marine.
Haïti demeure à la croisée des chemins, confrontée à un vide politique, les Haïtiens semblant incapables de s'entendre sur la manière de gouverner le pays après le 7 février. Au moins cinq groupes différents sont engagés dans des discussions, a déclaré Antoine Rodon Bien-Aimé, ancien député, lors d'une interview matinale sur la radio Magik9 à Port-au-Prince. Dimanche et lundi, M. Bien-Aimé a participé à un dialogue organisé par trois membres du Conseil, Louis Gérald Gilles, Leslie Voltaire et Edgard Leblanc et a décrit une discussion chaotique au cours de laquelle certains cherchaient encore à s'impliquer dans la transition après samedi, tandis que d'autres briguaient de futurs postes politiques.
Ces trois membres font partie des cinq conseillers récemment frappés de restrictions de visa américaines pour avoir ignoré les avertissements leur interdisant de tenter de destituer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, et pour avoir été informés que leur mandat expirerait samedi. « Nous avons dit : “Non, aucun membre du Conseil ne peut rester” », a affirmé M. Bien-Aimé. « Leur temps est écoulé ; ils n'ont obtenu aucun résultat, ils n'ont pas respecté l'accord qu'ils ont signé ; ils doivent partir. C'est pourquoi nous étions présents et que nous le serons encore pour continuer à exiger leur départ. »
Le Conseil a été créé en avril 2024 en tant qu'entité temporaire chargée d'exercer les pouvoirs de la présidence jusqu'à l'élection d'un nouveau président ou jusqu'au 7 février, selon la première éventualité. Haïti a programmé des élections pour cet été, mais peu d'experts s'attendent à ce qu'elles se tiennent dans un contexte de violence persistante des gangs.
Cette incertitude politique, conjuguée aux rumeurs, apparues le week-end dernier, d'un possible retour en Haïti de l'ancien président Michel Martelly et aux inquiétudes suscitées par les mobilisations de certains groupes, fait craindre une nouvelle flambée de violence, malgré les efforts récents de la police et d'une force d'intervention par drones pour rouvrir des routes et repousser les gangs armés dans la capitale.
Ces opérations anti-gangs ont permis des progrès limités. Parallèlement, les violences meurtrières se poursuivent. Le 29 janvier, un bébé de quatre mois figurait parmi les dernières victimes, tué par des gangs armés dans les collines surplombant la capitale, à Kenscoff. Il portait un costume de Père Noël.
Dimanche, des membres de la coalition de gangs Viv Ansanm, impliqués dans une fusillade avec la police, ont attaqué le centre de formation de la FIFA, connu sous le nom de Ranch, situé à Croix-des-Bouquets. Ce centre est considéré comme un « patrimoine national, sportif et culturel » pour son rôle dans la formation de certains des footballeurs et footballeuses les plus talentueux du pays.
Il a été vandalisé, pillé et partiellement incendié. L'attaque a été confirmée par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l'Action civique, qui, dans un communiqué, s'est dit consterné d'apprendre l'incendie criminel qui a touché plusieurs bâtiments du Ranch dans la nuit de dimanche à lundi.
Avec Miami Herald
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