PubGazetteHaiti202005

Dialogue interhaïtien : la première journée des assises de suivi se termine sur une tentative de la création d’une commission de facilitation 

@Patrice Noel

Trois membres du Conseil présidentiel de transition, Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérard Gilles, ont organisé le « dialogue inter-haïtien », rassemblant plusieurs acteurs politiques. Parmi eux figuraient le représentant du parti Pitit Desalin, Moïse Jean-Charles, l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé, le coordonnateur du ROSPO, Esaïe Beauchard, ainsi que des représentants du secteur syndical, dont le coordonnateur national de la Brigade syndicale anticorruption, Dumé Sonson. Le secteur vodou était également représenté, aux côtés d’observateurs internationaux, dont un représentant de l’OIF. L’objectif principal de cette rencontre était de définir les conditions d’une passation du pouvoir après le 7 février, dans un contexte marqué par la méfiance, l’urgence et une crise nationale profonde.

La première journée des assises de suivi du dialogue politique interhaïtien s’est achevée après plusieurs heures d’échanges intenses. Les participants ont essayé de créer une commission de facilitation chargée de recueillir les doléances des différents secteurs représentés. L’objectif de cette structure est, selon ses initiateurs, de formuler des propositions susceptibles d’alimenter un nouvel accord politique et de favoriser une passation du pouvoir ordonnée et consensuelle.

Cependant, dès l’annonce de cette commission, des réserves ont été exprimées. Certains participants ont critiqué le choix de personnalités peu connues du grand public pour la composer, estimant que cela pourrait fragiliser la crédibilité du processus. Pour plusieurs acteurs, la légitimité de ceux appelés à faciliter le dialogue est aussi importante que le dialogue lui-même.


À l’ouverture des travaux, le conseiller-président Edgard Leblanc Fils a insisté sur la nécessité d’aboutir à un nouvel accord politique. Selon lui, un tel cadre est indispensable pour redéfinir la gouvernance nationale et donner une base légitime aux autorités qui devront gérer la transition au-delà du 7 février. Il a également souligné que la priorité est d’assurer une passation du pouvoir pacifique, ordonnée et conforme aux intérêts supérieurs de l’État.

Les discussions portent notamment sur l’architecture du futur exécutif de transition. L’objectif est d’éviter un vide institutionnel qui pourrait aggraver la crise actuelle. Plusieurs intervenants ont rappelé que la continuité de l’État est une condition essentielle pour préserver un minimum de stabilité dans un pays déjà fragilisé.

Les assises ont réuni plusieurs centaines de participants issus de divers horizons

@Patrice Noel

Iswick Théophin, ( titre ou statut) a reconnu le caractère encourageant de cette première journée, tout en soulignant ses limites. « Le premier jour a donné de l’espoir, mais il y a des corrections à apporter. C’est une belle initiative, même si elle arrive tard. Toutefois, il n’est jamais trop tard pour bien faire », a-t-il confié.


À moins de 7 jours de la fin mission du CPT, les organisateurs jouent une véritable course contre la montre. Leslie Voltaire, dans ses interventions, a mis l’accent sur la nécessité de privilégier une solution strictement haïtienne à la crise multidimensionnelle que traverse le pays. Il a appelé à un sursaut national fondé sur le dialogue, le compromis et l’intérêt général.

À signaler l’absence du coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr et de cinq autres conseillers-présidents, des représentants des partis, tels que Fanmi Lavalas, PHTK, Montana, etc. Quant au secteur démocratique e populaire, l’initiative est arrivée trop tardivement. 

« Nous ne participerons pas aux assises qui se tiendront à l’Hotel Montana sous la direction de Leslie Voltaire et Edgar Leblanc. Cette initiative aurait été un succès Patriotique si elle était portée par l’ensemble du CPT et initiée un peu plus tôt. Bonne chance aux participants! », a écrit Me André Michel, leader du SDP.


Arnold Junior Pierre

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