PubGazetteHaiti202005

Pas de reprise avant 2026 pour les vols commerciaux américains en Haïti

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Programmé pour le 8 septembre 2025, la reprise des vols commerciaux des lignes américaines est repoussée. La Federal Aviation Administration (FAA) a prolongé l’interdiction jusqu’au 7 mars 2026, invoquant la persistance de l’insécurité et l’expansion des gangs armés qui contrôlent près de 90 % de Port-au-Prince.

La décision de la Federal Aviation Administration (FAA) tombe comme un nouveau coup dur pour les voyageurs haïtiens et la diaspora. Alors que la reprise des vols commerciaux américains était attendue le 8 septembre 2025, l’agence américaine a décidé de prolonger l’interdiction jusqu’au 7 mars 2026. Elle justifie cette mesure par une situation sécuritaire jugée extrêmement instable dans la capitale haïtienne.


Dans son communiqué relayé par Miami Herald, la FAA rappelle que les gangs armés continuent de renforcer leur emprise sur Port-au-Prince et ses axes stratégiques. La coalition « Viv Ansanm », récemment classée organisation terroriste internationale par le Département d’État américain, est citée comme la principale menace. Selon les estimations, près de 90 % de la capitale et des routes environnantes sont aujourd’hui sous le contrôle des groupes armés. 

« Les forces de sécurité haïtiennes et internationales, qui connaissent des pénuries persistantes de personnel et d’équipements, ont une capacité limitée à contrer les activités des organisations terroristes étrangères (FTO) à Port-au-Prince et dans ses environs », a déclaré l’agence.  De plus, les actions non coordonnées de ces forces contre les FTO, y compris les frappes ciblées menées par des systèmes aéronautiques sans pilote (UAS) contre les leaders des FTO à Port-au-Prince, réduisent leur efficacité opérationnelle et compliquent davantage la gestion de l’espace aérien à basse altitude.

 

La présence de la mission multinationale dirigée par le Kenya, venue soutenir la Police nationale d’Haïti, n’a pas suffi à rassurer Washington. La FAA évoque des moyens limités et un manque de coordination entre forces locales et internationales, réduisant leur capacité à contenir la menace.

Imposée pour la première fois en novembre 2024 après que trois avions commerciaux américains ont été touchés par des tirs aux abords de l’aéroport international Toussaint Louverture, l’interdiction ne cesse depuis d’être renouvelée. Spirit Airlines, JetBlue Airways et American Airlines ont suspendu leurs dessertes, et cette dernière a même mis fin à cinquante ans de service en Haïti. Des compagnies canadiennes et européennes ont également réduit leurs liaisons.

En conséquence, les voyageurs haïtiens se retrouvent presque isolés. Les rares vols encore disponibles passent par l’aéroport international du Cap-Haïtien, mais à des tarifs particulièrement élevés. La fermeture de l’espace aérien avec la République dominicaine et les restrictions imposées par Washington sur la délivrance de visas compliquent davantage la mobilité des Haïtiens.


Bien que les transporteurs américains et les avions opérés par des pilotes titulaires de licences américaines puissent survoler Port-au-Prince, il leur est interdit d’y atterrir ou d’opérer à une altitude inférieure à 10 000 pieds dans son espace aérien.

Seuls les avions militaires américains continuent d’atterrir à Port-au-Prince, notamment pour assurer le soutien logistique de la mission de sécurité multinationale.

 

 

 

Par Wideberlin Senexant 
Avec Miami Herald

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