Le gouvernement canadien par le biais de sa chancelière Mélanie Joly affirme urgent de négocier une trêve humanitaire pour mettre fin au blocage du Terminal Varreux par des gangs armés. Dans la foulée, le gouvernement dit plancher avec ses alliés sur un régime de sanctions à infliger aux gangs de rue qui sèment la terreur en Haïti, de même qu’à leurs commanditaires.
Quelques heures après le cri d’alarme du corps diplomatique pour demander la fin du blocage du Terminal Varreux, le gouvernement canadien, par le biais de sa chancelière, vient d’ajouter son grain de sel. Il se dit encore préoccupé par la situation, monte au créneau et fait pression.
« Ce qu’il y a de plus urgent : négocier une trêve humanitaire pour mettre fin au blocage du terminal de Varreux, à Cité-Soleil », signale la cheffe de la diplomatie du Canada dans un entretien depuis la capitale péruvienne.
« Ça fait 21 jours que c’est bloqué, que les gens n’ont pas accès à du carburant, n’ont pas accès à l’eau potable. Il y a une résurgence de choléra présentement en Haïti, et la vie des enfants, en particulier, est en danger », regrette-t-elle.
En plus de perturber les activités quotidiennes, l’absence de carburant qui sévit au pays empêche les hôpitaux et ambulances de fonctionner normalement, en plus de forcer les entreprises de traitement et de distribution d’eau à interrompre leurs activités.
Varreux est bloqué peu après la deuxième adresse à la nation du Premier Ministre Ariel Henry annonçant le maintien de la décision d’augmenter les prix des produits pétroliers. Les produits sont certes disponibles mais le Terminal ne peut effectuer d’opérations de chargement.
Un blocage revendiqué plus tard par le puissant chef de gang du G9 Jimmy Cherisier. « Je suis exactement devant le terminal Varreux. Je me tiens derrière mes barricades. Tu (Ariel Henry) pourras rentrer au Terminal qu’après nous avoir tous tués », a-t-il déclaré dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Le Caïd se trouvait au milieu d’un brouillard de fumée de pneus servant de barricades. On l'a aussi vu montrer son arsenal d'armes, comme pour dire qu'il est prêt à se battre.
La semaine dernière un convoi de 5 camions qui prenait la direction du Terminal Varreux, a été attaqué par balles par des bandits armés de la zone. Le convoi était obligé de rebrousser chemin, selon un média de la capitale.
Vivement préoccupé par la terreur infligée à la population par la fédération de gangs contrôlée par Jimmy Cherisier alias Barbecue, le gouvernement canadien dit travailler avec ses alliés sur un régime de sanctions à infliger aux gangs haïtiens et à leurs commanditaires. La ministre Joly indique que ces sanctions viseraient aussi des personnes qui participent dans la corruption.
« Les sanctions viseraient des personnes qui participent à la corruption et qui sèment la violence. L’impunité a assez duré », soutient la ministre Joly, sans vouloir s’avancer sur le type de personnes ou d’entités qui pourraient se retrouver sur une liste canadienne.
« On travaille plusieurs pays ensemble, on s’échange des informations, comme on a fait dans d’autres cas, comme la guerre en Ukraine : on a travaillé avec l’Union européenne et avec les États-Unis. Le but, c’est qu’on soit coordonnés », enchaîne-t-elle.
Pour contrecarrer les gangs armés, l’Etat haïtien ne cesse de demander de l’aide à la communauté internationale. Le gouvernement a commandé, il y a quelques mois, des blindés et matériels pour la PNH. Deux mois après, la livraison se fait toujours attendre.
Ce mercredi 5 octobre 2022, l’Ambassadeur du Canada en Haïti Sébastien Carrière a expliqué que les blindés et matériels de la Police Nationale d’Haïti seront livrés « dans les prochaines semaines ». « La compagnie fait face à des difficultés logistiques considérables et importantes. Tout le monde est insatisfait de ce retard », a déclaré le diplomate qui dit avoir « bon espoir que ça débloque dans les prochaines semaines. »
Par : Daniel Zéphyr
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