Ce dimanche les rues étaient plus clairesemées que d'habitude. La circulation était plutôt fluide. De rares véhicules et de motocyclettes ont été remarqués. Les routes où les barricades ont été érigées sont jonchées de détritus. Les traces des barricades enlevées sur les grands axes routiers durant ce week-end sont visibles.
Depuis hier samedi, la population coincée chez elle depuis une semaine en raison des turbulences ont afflué vers les rares super-marchés, boutiques et marchés publics qui ont repris leurs activités. Même si Haiti n'est pas totalement sur la trajectoire du cyclone Fiona la population craint encore le mauvais temps politique qui s'annonce encore dès ce lundi.
Profitant du déblocage de la plupart des routes par les autorités, les gens ont fait la queue durant cette journée ensoleillée pour se procurer les produits alimentaires, notamment du riz, de la spaguetti, du pain, de l'eau et du propane. Dans un super-marché huppé de Pétion Ville, on n'ouvre qu'une petite porte par prudence ce dimanche. Là, les lignes étaient interminables. On y passait parfois 2heures. On ne regarde ni les prix et on a pas le temps de choisir de peur d'être dévancé par d'autres. Dans les lignes, le débat est très animé et on ne parle que de la situation chaotique du pays et de la violence à laquelle le pays est livré depuis la décision d'augmenter le prix du carburant à la pompe. Les gens ont peur, ils ne savent pas de quoi demain sera fait. A Pétion Ville, Delmas, Bourdon, Juvenat, Laboule, Route de l'aéroport totalement débarricadés, les gens font aussi la queue devant les stations de propane et devant les boutiques et kiosques de ventes d'eau. Les prix ont largement augmenté. A bien des endroits, le gallon de Culligan se vend 250 gourdes. Dans les marchés publics de ces communes, les citoyens affluent aussi pour se ravitaller comme si l'on se préparait à la guerre. Signalons que la majorité de la population n'a pu se ravitaller en raison d'un problème d'argent puisque les banques et ATM sont fermés depuis le début de la semaine dernière. Certaines personnes mangent et boivent difficilement depuis plusieurs jours.
Qu'est ce qui va se passer exactement demain lundi dans la capitale et les villes de province déjà en mode mobilisation ? Aucun mot d'ordre officiel n'a été lancé mais selon des informations des groupes se préparent à regagner les rues pour exiger le retrait de la décision d'augmenter les prix du carburant et le départ du premier ministre Ariel Henry. Un prochain lock est à craindre et certains groupes prévoient de reposer les bariccades des ce soir. A l'occasion du 20 septembre 2022 marquant l'anniversaire de naissance de Jean Jacques Dessalines, Jean Charles Moïse annonce la reprise de la mobilisation pour faire tomber le premier ministre Ariel Henry.
S'achemine-t-on vers un véritable bras de fer entre la population et le gouvernement ?
Le gouvernement américain dit condamner les actes de violences et se positionne en faveur d'un accord politique inclusif devant déboucher sur des élections dans le pays afin de renouveler le personnel politique. Et, le secrétaire général de l'ONU Antonio Gutires a apporté son appui au gouvernement dans un entretien à France 24. Pour l'ONU, ce sont les gangs qui contrôlent les rues. Il est pour une sebvention directe de la population mais non du carburant.
Durant toute la semaine écoulée, Port-au-Prince, ses environs et des villes de province étaient sur pied de guerre. De grandes manifestations ont été organisées dans plusieurs villes du pays et des scènes de pillage et des cas d'incendie ont été enregistés notamment à Delmas, aux Gonaïves et St Marc.
Le premier ministre Ariel Henry s’adressera à la nation ce soir. Va-t-il revenir sur sa décision d’augmenter les prix pétroliers ou va-t-il expliquer le bien-fondé de cette augmentation ?
Par Gazette Haïti News
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