Port-au-Prince et ses environs, théatres de vives protestarions, de scènes de pillage et d'incendie hier se sont réveillés dans un calme apparent mais avec des routes toujours barricadées ce samedi 17 septembre 2022 dirant toute la journée. C'est la ruée vers les rares boutiques, bureau de transfert et marchés publics qui ont fonctionné aujourd'hui. Le spectre d'une resurgence de violences guète tous les esprits.
Pas de manifestation mais le transport et le commerce sont quasiment morts. Pour cette journée de ravitaillement, la population s’approvisionne en nourriture et en eau dans les rares boutiques et marchés publics. Les citoyens font la queue et se bousculent devant les rares bureaux de transfert qui ont ouvert leurs portes sur les routes secondaires notamment pour ne pas attirer l'attention. Des barricades sont encore visibles à Péguy-Ville, Delmas et à Frères. C'est le même cas de figure au Centre Ville, à Laboule et Thomassaint. Hier le CNGRS et des Mairies avaient organisé une opération de nétoyage mais à bien des endroits ils ont été tout bonnement replacés et ceci avec les mêmes troncs d'arbres, carcasses de voitures, des tolles, etc. Car ils n'ont pas été ramassés. À delmas 47, depuis tôt ce matin, des barricades de pneus enflammées ont été érigées sur la chaussée. Les protestaires accusent la police d'avoir ouvert le feu tuant au moins trois personnes lors de l'opération de nétoyage d'hier soir. On n'a pas pu confirmer ces cas de mort par d'autres sources.
A Petion-Ville plus précisément Berthe, Pélérin et Bois-Morket, les boutiques ont rouvert leurs portes. Les taxis-motos sont de plus en plus visibles. Beaucoup de citoyens sont dans les rues. Au marché de Pétion Ville, beaucoup de marchands répondent à l'appel pour écouler leurs produits. Beaucoup de citoyens sont venus se ravitailler.
A Carrefour-feuilles, les petites institutions financières non bancaires et les sous-agents de transfert ont fonctionné. Les barricades sont toujours présentes mais aucune trace de pneus enflammés. Toutefois, la situation humanitaire préoccupe. Le prix de l’eau potable a augmenté alors qu’elle se fait de plus en plus rare.
À Carrefour de l’ aéroport, le transport public est à l’arrêt. Seuls des taxi-motos sont visibles, mais ne sont pas nombreux en raison de la rareté de carburant.
Aucune station de service ne fonctionne dans la capitale et les villes de province.
Après 5 jours sur jours d'une capitale lock, la population est encore sur le qui-vive et le spectre de la resurgence des violences guète tous les esprits. Il est prévu la reprise de la mobilisation dès lundi prochain. Les Piitt Dessalines commémorent le 20 septembre prochain l'anniversaire de naissance de l'Empereur Jean Jacques Dessalines.
Entre-temps, les opposants politiques à Ariel Henry réfléchissent à son remplacement.
D'un côté, sous la houlette du président du tiers du Sénat, Joseph Lambert, une équipe travaille sur un « conseil de transition » tandis que le leader de Pitit Desalin Jean Charles Moïse table sur un « Conseil de Gouvernement » pour remplacer le premier ministre qui devrait se rendre ce week-end à New-York pour participer à l’assemblée générale de l'ONU.
Comme du temps de Jovenel Moïse, les acteurs ne proposent aucune alternative claire et consensuelle à Ariel Henry au cas où ce dernier serait forcé de quitter le pouvoir par la rue de plus en plus en colère. Et c'est là que toujours le bas blesse.
Par Daniel Zéphyr
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