PubGazetteHaiti202005

Le prix Nobel de la paix 2026 décerné à la Sud-Africaine Navanethem «Navi» Pillay

Photo : Getty Images / AFP / FABRICE COFFRINI

Le prix Nobel de la paix 2026 a été décerné à la Sud-Africaine Navanethem « Navi » Pillay, a annoncé le comité Nobel vendredi 9 octobre, « pour ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international». Âgée de 85 ans, la juriste a notamment présidé la commission d'enquête indépendante de l'ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza. Elle a dédié sa distinction « à tous les survivants de crimes internationaux ».

À l'heure où la justice internationale est sous le feu des pressions et des attaques, le comité Nobel a salué, vendredi 9 octobre, le travail de Navi Pillay. « La lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide fassent l'objet de poursuites », a expliqué Jorgen Watne Frydnes, président du comité Nobel norvégien à Oslo, saluant son « courage » et son « intégrité » exceptionnels.

Navanethem Pillay a présidé la commission chargée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU d'enquêter sur les atteintes aux droits dans les territoires palestiniens et en Israël.

« À une époque marquée par des défis existentiels – notamment un nombre de guerres et de conflits que le monde n'avait pas connu depuis longtemps –, le droit international n'est plus seulement un complément à la paix et à la sécurité. C'est une nécessité absolue », a ajouté le jury.

« Le droit international et les droits humains font l'objet d'attaques politiques »

« C'était peut-être le destin qui a voulu que je me trouve dans cette salle d'audience historique n° 600, où se sont déroulés les procès de Nuremberg, au moment où l'annonce a été faite et où j'ai été informée de cette distinction », a réagi Navanethem Pillay lors d'une conférence de presse dans la ville allemande où ont été jugés les principaux responsables nazis.

« Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump », s'est amusée Navi Pillay ce vendredi, après avoir appris, sous les ovations, qu'elle avait remporté ce prix Nobel de la paix 2026. Une réaction captée par la secrétaire générale d'Amnesty International, Agnès Callamard, à Nuremberg, et publiée sur X.


Lutte contre l'apartheid

« Née dans une famille d’origine indienne tamoule sous l’apartheid à Durban, en Afrique du Sud, Pillay est devenue avocate et pionnière du droit, affrontant une discrimination structurelle profonde, la ségrégation et l’exclusion. Un fil conducteur relie son travail précoce de défense de Nelson Mandela et d’autres qui se sont dressés contre l’apartheid à son rôle de juge dans certaines des affaires clés des tribunaux internationaux de notre époque », poursuit le comité Nobel, dans un communiqué.

Quand Nelson Mandela est devenu président d'Afrique du Sud, ce dernier l'a nommée à la Cour suprême où elle est devenue la première femme de couleur à y siéger. Mais l'intéressée y est restée peu de temps, étant rapidement nommée au Tribunal pénal international pour le Rwanda, l'instance chargée de juger les responsables d’actes de génocide contre les Tutsis.


Juriste chevronnée, Navanethem Pillay a ensuite été juge à la Cour pénale internationale (CPI) de 2003 à 2008 et haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) de 2008 à 2014.

« Navanethem Pillay a été la première femme à ouvrir un cabinet d’avocat dans sa province d’origine du Natal, en 1967. Durant les années suivantes, elle a défendu les activistes anti-apartheid, mis en évidence l’usage de la torture et obtenu des droits cruciaux pour les prisonniers de Robben Island », rappelle le HCDH sur son site internet.

C’est la douzième fois qu’un ressortissant ou une organisation originaire d’Afrique se voit décerner cette distinction annuelle. Navanethem Pillay est la cinquième Sud-Africaine après Albert Lutuli (1960), Desmond Tutu (1984), Nelson Mandela et Frederik de Klerk (1993) et la quatrième Africaine après la Kényane Wangari Muta Maathai (2004) et les Libériennes Leymah Gbowee et Ellen Johnson Sirleaf (2011).

Aujourd'hui, Navi Pillay est juge à la Cour internationale de justice dans l'affaire où la Birmanie est accusée de génocide.

Avec RFI

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