Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a officiellement lancé, ce jeudi 8 octobre, le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), lors d’une cérémonie de levée du drapeau à la base Vertières, à Tabarre. Le gouvernement présente cette étape comme un tournant dans la lutte contre les groupes armés et la reconquête de l’autorité de l’État.
Sous les sons des fanfares, la cérémonie s’est déroulée en présence de représentants du gouvernement haïtien, des pays contributeurs de troupes, du corps diplomatique et des Nations unies. Des prestations et démonstrations militaires ont également marqué l’événement.
Le choix de la base Vertières n'est pas anodin, selon le Premier ministre. C'est pour lui un signal envoyé, comme la bataille de Vertières, symbole de la lutte pour l’indépendance d’Haïti. Le Premier ministre y a appelé à mettre fin à la violence des groupes armés et à restaurer l’autorité de l’État.
« L’État doit reprendre le contrôle de son territoire », a déclaré Alix Didier Fils-Aimé. La mission de la FRG vise notamment à reprendre les zones contrôlées par les groupes armés, protéger la population et rétablir l’ordre public.
« La peur doit changer de camp »
Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de garantir la sécurité, la souveraineté nationale et le respect de la loi. Il affirme qu’aucune concession ne sera faite aux groupes armés.
« La peur doit changer de camp », a martelé le Premier ministre, appelant à faire renaître la paix dans le pays.
La FRG est également présentée comme une force appelée à épauler les institutions sécuritaires haïtiennes, notamment la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti.
Six pays aux côtés d’Haïti

Le Guatemala, El Salvador, le Tchad, la Mongolie, la Jamaïque et le Sri Lanka participent à la FRG aux côtés d’Haïti. La mission est commandée par le général mongol Erdenebat Batsuuri. Celui-ci a aussi discouru lors de la cérémonie.
Le déploiement intervient alors que la force multinationale poursuit sa montée en puissance. Son mandat a été renouvelé par le Conseil de sécurité des Nations unies jusqu’au 31 mars 2027.
Le gouvernement haïtien remercie les pays contributeurs et salue l’engagement de leurs personnels aux côtés des forces nationales.
Sécurité, justice et retour de l’État
Pour le gouvernement, la reconquête des territoires doit créer les conditions nécessaires au retour des services publics, de la justice et de l’autorité de l’État.
Alix Didier Fils-Aimé a également lié la sécurité au processus électoral, estimant que le rétablissement de l’ordre est nécessaire à l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles.
À Vertières, le gouvernement veut afficher une nouvelle phase de son action sécuritaire : reprendre le contrôle du territoire, protéger la population et restaurer l’ordre républicain.
La « victoire finale » ne se limiterait toutefois pas aux opérations militaires. Elle devra, selon le discours du numéro 1 de la Primature, se traduire par le retour durable de la sécurité, de la justice, des services publics et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Wideberlin Sénexant
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