PubGazetteHaiti202005

Économie : les dernières injections de dollars de la BRH ne vont pas faire baisser davantage le taux de change, selon Enomy Germain

L'économiste Enomy Germain

Alors que la Banque Centrale vient d'injecter 39 millions de dollars américains sur le marché des changes dans une période de temps relativement courte, l’économiste Enomy Germain, dans une interview à Gazette Haïti, a fait savoir que ces injections ne vont pas faire baisser davantage le taux de change et favoriser une plus grande valorisation de la gourde face au dollar américain.

Suite aux injections faites par le BRH sur le marché des changes, le 28 octobre et les 3 et 9 novembre derniers respectivement d’un montant de douze millions (12.000.000.00), douze millions (12.000.000.00) et quinze millions de dollars américains (15.000.000.00), plus d’un s’attendait à voir la gourde prendre encore de la valeur face à la devise américaine. Cependant en dépit de l’injection de 39 millions de dollars le taux de change est resté à un niveau stable. Jusqu’au moment de la rédaction de cet article, le taux de vente et d’achat du dollar américain se situe autour de 61 et 62,50 gourdes dans les banques commerciales.

Selon le directeur de la firme de consultation en économie, Pro Eco, Enomy Germain, cette situation est tout à fait normale. Explications à l’appui, il avance que les trois dernières injections de la BRH n’ont pas l’objectif de contribuer à faire baisser le taux de change mais elles ont été faites de préférence pour stabiliser le taux de change et empêcher à la gourde de perdre de la valeur face au dollar américain.

L’économiste rappelle que le montant de 150 millions de dollars injectés sur le marché des changes du 10 août au 30 septembre dernier avait favorisé la baisse du taux de change pour la simple et bonne raison que ce montant a été tiré des réserves nettes d’échanges de la BRH, tandis qu’avec ces trois dernières injections, la BRH ne met pas plus de dollars sur le marché des changes mais la banque centrale ne fait que canaliser des montants déjà disponibles sur le marché des changes, vers les banques commerciales conformément au circulaire 114-2 de la BRH.

« Ces injections ne participent pas à l’augmentation de la quantité de dollars disponibles sur le marché, parce que le dollar injecté ne provient pas d’une source exogène. Il s’agit d’une quantité de dollars déjà disponibles sur le marché, comme par exemple la quantité de dollars en provenance de l’étranger qui s’élève à près de 3 milliards de dollars par an, que la BRH n’a fait que redistribuer aux banques commerciales de façon contrôlée, contrairement au montant de 150 millions qui provenait des réserves de la BRH. Donc ces injections ne vont pas contribuer à faire baisser le taux de change », a argumenté l’économiste.

Est-ce que ces injections à répétition vont permettre à la BRH d’assurer la stabilité du taux de change ?

Selon Enomy Germain, autant que la circulaire 114-2 de la BRH est en application, et autant que la diaspora continue d’envoyer des transferts d’argent dans le pays, avec ces injections la BRH va pouvoir assurer la stabilité du taux de change. Cependant l’économiste recommande aux autorités d’encourager la production locale en vue de diminuer la dépendance du pays à l’importation, parque la diminution de l’importation aura pour effet de diminuer la demande de la devise américaine.

Enomy Germain aussi a élucidé la raison pour laquelle les banques commerciales ne vendent que 50 dollars aux clients. Il rappelle que selon les conditions fixées par la BRH dans la circulaire 114-2, les banques commerciales ont l’obligation de revendre le montant de l’injection aux agents économiques évoluant dans le secteur formel, mais seulement pour des motifs d’importation.



 

Par Kervens Adam PAUL

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